^

Notre classe

Mobilisation du 10 novembre

Toulouse. Une grève suivie et 1500 enseignants personnels et lycéens dans la rue

Ce 10 novembre de nombreux enseignants et personnels de l’éducation ont répondu à l’appel à la grève nationale impulsée par l’intersyndicale de l’éducation. Dans la Haute-Garonne 80 établissements du premier degrés étaient fermés et près de 1500 personnels d’éducation mais aussi élèves et parents d’élèves ont manifesté leurs colères dans les rues toulousaines.

mardi 10 novembre

Suite aux mouvements de grèves spontanés et de blocage qui ont lieu, surtout en Ile-de-France, depuis le 3 novembre dernier pour protester contre l’absence de protocole sanitaire à la hauteur dans les établissements , l’Intersyndicale de l’Education a appelé ce mercredi 10 novembre à une journée de grève nationale. Si Blanquer, le gouvernement et les médias tentent d’invisibiliser la mobilisation en cours , la grève a été nationalement bien suivie, d’autant plus pour une date appelée seulement une semaine avant.

Dans les collèges presque un enseignant/personnel sur deux était aujourd’hui en grève selon le SNES, qui dénombre 45% de grévistes au sein des personnels en collège. Concernant le premier degré, « on est autour de 20% » selon Guislaine David, la secrétaire générale du Snuipp-FSU. Concernant les lycées, il est difficile pour le moment d’avoir une vision précise.

A Toulouse, où les enseignants s’étaient fortement et avec beaucoup de radicalité mobilisés contre la réforme du bac en 2018 et celle des retraites l’année dernière, l’appel à la grève a été suivi dans plusieurs établissements. Déjà ces derniers jours, les dynamiques de mobilisations prenaient dans quelques établissements. A Georges Sand, où les personnels de l’établissement sont mobilisés depuis le 3 novembre, après avoir effectué un droit de retrait ils sont aujourd’hui en grève pour imposer l’obtention du dédoublement de classes et de moyens supplémentaires, financiers et humains.

Des personnels du collège Anatole France avaient quant à eux exercé leur droit de retrait hier après s’être vus refusé par l’inspection académique le retrait par jour d’au moins un niveau de classe pour éviter au maximum les brassages d’élèves. Ils étaient encore plus nombreux en grève aujourd’hui. Des personnels du collège Jean Jaurès à Castanet ainsi que de Mermoz à Blagnac ont eux aussi débrayé ces derniers jours afin d’obtenir le dédoublement des classes.

Aujourd’hui, de nombreux enseignants ont rejoins la dynamique et se sont mis en grève. Si les taux de grévistes à échelle locale ne sont pas encore connus, selon France Bleue Occitanie 80 établissements du premier degrés étaient entièrement fermés. Soit 30% de grévistes. Et plusieurs rassemblements organisés. A Toulouse, la manifestation, dont le parcours a été modifié par la préfecture qui a empêché les manifestants d’aller jusqu’à la préfecture, a été précédée d’une Assemblée Générale à l’initiative des organisations syndicales locales.

Une Assemblée Générale réunissant entre 200 et 250 enseignants, personnels de l’éducation, comme les AESH, AED (au lycée des arènes 100% de la vie scolaire était aujourd’hui en grève), mais aussi des lycéens et parents d’élèves. En première ligne de la seconde vague et de la gestion catastrophique de la crise sanitaire, nombre d’entre eux ont témoigné les conditions de travail et sanitaires déplorables. Illustrant le mépris face auxquels ils sont traités, et ce depuis des années, par le gouvernement en place qui se fou de leurs santés et de leurs vies.

En ce sens plusieurs interventions ont fait état de la nécessité d’un plan d’urgence pour la santé et l’éducation. Des personnels soignants du CHU, mobilisées samedi dernier, étaient présentes dans une volonté de convergence entre ces deux secteurs face à la politique de casse des services publiques et la gestion criminelle de la crise sanitaire en cours. Les grévistes ont voté en ce sens un qu’un pôle éducation soit initié lors de la prochaine manifestation des soignants.

Mais ce que de nombreuses interventions, prises de paroles ont montré, c’est que la colère et le ras le bol dans l’éducation est profond, généralisé, et dépasse la seule question des protocoles sanitaires. Même si cette question a été pour beaucoup la goutte d’eau qui a fait débordé le vase, allant jusqu’à pousser certains d’entre eux à se mettre en grève pour la première fois. C’est le sens de l’intervention de Léo, professeur des écoles en élémentaire, qui dénonce la situation actuelle mais aussi le mépris qu’ils subissent depuis des années. Ajoutant que la crise actuelle ne pourra se résoudre qu’avec une hausse nécessaire des moyens, notamment humains.

Un mépris du gouvernement dénoncé également à travers le sort que ce dernier impose à la jeunesse qu’il prive de toute perspectives d’avenir et qu’il n’hésite pas à réprimer et tenter de réduire au silence lorsque cette dernière se mobilise pour des choses aussi élémentaires que préserver leur santé et celle de leurs familles. Comme en témoigne Eric, lycéen en terminale bac pro vente.

L’Assemblée Générale a par ailleurs voté à l’unanimité d’écrire un texte contenant plusieurs résolutions dont la dénonciation de la répression envers les lycéens et la nécessité que les enseignants expriment leur solidarité. Parmi les autres résolutions et perspectives : que le cadre unitaire qui a impulsé la manifestation de samedi dernier, pour un plan d’urgence pour la santé, appelle à une prochaine manifestation dans laquelle un cortège éducation sera constitué. Mais aussi une adresse aux organisations syndicales locales et nationales afin qu’une nouvelle journée de grève nationale soit appelée rapidement. En ce sens, une journée de grève et de manifestation est impulsée par les enseignants et personnels de l’éducation du 93, où la mobilisation continuent de s’organiser.

L’intersyndicale à niveau nationale devrait se saisir de cette date et appeler à une nouvelle journée de grève nationale, ce afin dans le but de généraliser et massifier la colère et la mobilisation actuelle.

La colère qui grogne dans l’éducation nationale est profonde et les grèves et blocages d’établissements qui ont lieu depuis le 3 novembre ont déjà forcé le gouvernement a lâché quelques miettes. A l’égard des lycées, même si c’est largement insuffisant au regard de la crise en cours dans l’Education Nationale. Mais cela a montré que l’instauration d’un réel rapport de force, ici par la grève, l’auto-organisation sur les établissements et dans les Assemblées Générales et la radicalité et l’explosivité de la jeunesse, peut faire reculer le gouvernement. Approfondir le rapport de force pour obtenir de réels moyens supplémentaires, financiers mais aussi humains à travers un plan d’embauche massif, est donc primordial. D’où l’importance de ne pas laisser la colère retomber et laisser les établissements fortement mobilisés, entre autres en région parisienne, seuls dans la bataille.




Mots-clés

Education nationale    /    Grève   /    Toulouse   /    Notre classe