^

Politique

Pour un écologisme anticapitaliste

Tous et toutes dans la rue pour défendre l’environnement

Ce vendredi, dans le cadre de la semaine internationale pour le climat, se déroulera une journée de mobilisation. Soyons nombreux dans les rues pour défendre une écologie anticapitaliste car si c’est le capitalisme qui détruit la planète, c’est à nous de détruire le capitalisme !

jeudi 19 septembre

La semaine du 20 au 27 septembre sera sous le signe des mobilisations pour le climat. Pour visibiliser l’urgence climatique, Youth for Climate appelle une fois encore les jeunes à se mettre en grève et à manifester ce vendredi. À l’appel de nombreuses associations et organisations, une autre journée de manifestation est prévue ce samedi.

Les mobilisations pour le climat ont connu un essor spectaculaire dans la jeunesse cette année. Et, dans les rues du monde entier, lycéens et étudiants se sont mis en grève, et ont défilé dans les rues avec un message commun : il faut changer de système.

Changeons de système, pas de climat

Un système néfaste, oui, mais lequel ? Même si tous ne le formulent pas ainsi, ce système, qui n’est pas viable, c’est le capitalisme. En effet, le changement climatique, l’acidification des océans, la perte de la biodiversité, etc. ne sont pas tant la conséquence de l’activité humaine que celle du capitalisme.

Le capitalisme prospère depuis des siècles sur la base de l’exploitation de la nature, utilisant celle-ci comme une source « inépuisable » de ressources à convertir en marchandises ou bien comme une gigantesque décharge. Pourtant, la capacité de la Terre à encaisser les processus éco-destructeurs que lui impose le capital est en train d’atteindre ses limites. Depuis le début du capitalisme, ce sont ainsi plus de la moitié des espèces connues qui se sont éteintes, une tendance qui continuera de s’aggraver si la destruction écologique n’est pas freinée.

Les premières victimes de la crise climatique sont déjà là, et ce ne sont pas les plus gros responsables ! Ce sont les réfugiés fuyant les catastrophes climatiques, comme l’ouragan Dorian qui a dévasté les Bahamas, que Donald Trump refoule et refuse d’accueillir aux États-Unis sous prétexte qu’ils n’ont pas de visas ! Ce sont les peuples autochtones de la forêt amazonienne, obligés de fuir face à des entreprises de déforestation, qui profitent aux grands propriétaires terriens !

Aujourd’hui, les Nations Unies évaluent à plus de 20 millions le nombre de réfugiés climatiques, et, si la température augmente de plus de deux degrés, leur nombre pourrait atteindre les 280 millions. La pollution de l’air par les gaz et les particules fines liés au trafic, ainsi que la production industrielle dans les grandes villes, sont responsables chaque année de 9 millions de morts dans le monde dont 800 000 uniquement en Europe.

Les travailleurs et le mouvement écologiste

Pourtant c’est à nous que l’on veut faire payer cette crise ! Le discours de la “responsabilité individuelle de tous” justifie des mesures visant à faire payer la crise environnementale à la classe ouvrière et aux secteurs les plus pauvres de la société, préserve le système et bénéficie aux capitalistes, empêchant ainsi les forces sociales capables de l’affronter de s’intégrer à la lutte. Face à la crise environnementale, le problème central n’est pas la « division » entre ceux qui polluent et ceux qui ne polluent pas, mais entre la majorité sociale qui paie déjà les coûts de la crise et les capitalistes qui l’ont générée.

La classe ouvrière doit donc être aux côtés de la jeunesse, en première ligne de la lutte pour une écologie anticapitaliste. Tout d’abord parce que les travailleurs du monde entier sont ceux qui subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique, mais aussi parce qu’on tente de leur faire payer le prix d’une hypothétique transition vers un système soi-disant plus vertueux à travers de mesures antipopulaires comme la hausse des taxes liées aux carburants qui entre autres ont déclenché le mouvement des Gilets Jaunes en France.

Or, si le mode de production capitaliste est à l’origine du changement climatique, c’est en y mettant fin que l’on mettra fin au changement climatique. C’est pourquoi la classe ouvrière, qui est au cœur de la production, est la seule qui peut articuler une alliance sociale capable d’actionner le frein d’urgence face à la catastrophe, en se dotant pour cela d’une politique hégémonique et non corporatiste.

Le mouvement ouvrier doit prendre exemple sur les dockers des chantiers navals de Belfast, menacés de fermeture, qui ont fait grève et occupé leur lieu de travail, dont ils revendiquent la nationalisation et l’utilisation pour la production d’énergies renouvelables.

Face au capitalisme « écocidaire », exigeons des mesures radicales !

Le capitalisme est, de manière inhérente, incompatible avec l’écologisme. Bien que nous soutenions toute mesure partielle que le mouvement arrive à arracher aux gouvernements capitalistes pour protéger l’environnement, nous sommes conscients que si nous ne nous attaquons pas à la racine du problème ces mesures n’auront pas un effet pérenne. C’est en ce sens qu’aujourd’hui plus que jamais, face à l’urgence climatique, il est nécessaire de se mobiliser pour le climat et contre le système capitaliste, avec un ensemble de mots d’ordres radicaux :

L’expropriation de l’ensemble de l’industrie énergétique, sous la gestion démocratique des travailleurs et la surveillance de comités de consommateurs. Cela permettrait de réduire drastiquement les émissions de CO2 en développant les énergies renouvelables et à faible impact environnemental en concertation avec les communautés locales. Dans le même temps, les prix abusifs de l’électricité seraient réduits.

La nationalisation et la reconversion technologique de toutes les entreprises de transport et des grandes entreprises automobiles et métallurgiques, sans indemnisation et sous le contrôle des travailleurs, pour réduire massivement la production automobile et des transports privés, tout en développant le transport public.

L’abolition de la dette dans les pays dépendants et semi-coloniaux, qui les contraint à adopter des plans d’austérité néolibéraux anti-écologiques, ainsi que l’expropriation de toute entreprise polluante dans les pays périphériques. Il est inimaginable de résoudre la crise écologique dans ces pays sans indépendance vis-à-vis de l’impérialisme.

L’ouverture des frontières et la fermeture des centres de rétention pour migrants face au drame de l’immigration, produit de la pauvreté et du pillage impérialiste, mais aussi dans de nombreux cas, conséquence de la crise climatique.




Mots-clés

environnement   /    Ecologie   /    Politique