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Nos vies pas leurs profits !

"Tout le monde doit faire un effort". Darmanin appelle à la prise de congés payés pendant le confinement

Après avoir choisi l'assouplissement du Code du travail en faveur des patrons, en faisant adopter par le Parlement dimanche 22 mars, un projet et de loi d'urgence sanitaire, permettant aux employeurs de disposer plus librement de leurs salariés, le gouvernement encourage désormais ces-derniers à poser leurs jours de congés pendant le confinement. Une façon de faire travailler plus longtemps les salariés dans les prochains mois, car « tout le monde doit faire des efforts ».

mardi 24 mars

PHOTO - AFP/ARCHIVES - LUDOVIC MARIN

Le texte adopté par le parlement dimanche est une attaque contre les droits des travailleurs, les mesures votées reviennent une fois encore sur nos acquis sociaux que ce soit sur les congés payés ou sur la limitation du temps de travail. Plus grave encore, si Muriel Pénicaud, la Ministre du travail, affirmait lors des débats à l’Assemblée nationale que la nature des changements imposés par ce plan d’urgence sanitaire ne serait que de nature provisoire, le projet de loi déposé devant le parlement omet d’inscrire le caractère passager de ces nouveaux cadeaux faits aux patronats.

Le texte voté dimanche habilite d’une part le gouvernement à prendre des ordonnances pour aménager le temps du travail, mais désormais l’employeur pourra imposer ou modifier les dates de prise des congés payés (dans le cas où un accord de branche l’y autorise). En revanche « les dates des jours de réduction du temps de travail, des jours de repos prévus par les conventions de forfait, des jours de repos affectés sur le compte épargne du salarié » pourront être imposés par les patrons de manière unilatérale.

Le gouvernement après avoir fait don de 45 milliards aux entreprises, après avoir gelé les loyers, les factures de gaz et d’électricité des patrons, montrent que les efforts les plus violents demandés pour affronter le Covid-19, sont ceux demandés aux travailleurs, déjà souvent en première ligne, forcés de continuer le travail malgré la situation sanitaire. Il convient aussi de se demander à qui profite ce projet de loi, et quel en est le sens, dans une période où la responsabilité dicterait plutôt de protéger l’ensemble des travailleurs qui subissent pour beaucoup le chômage forcé (plein ou partiel), de fermer les entreprises et usines non-essentielles afin de limiter la propagation de l’épidémie et, évidemment de mettre tout en oeuvre pour protéger et faciliter le travail des secteurs essentiels.

C’est donc dans ce contexte que Gérald Darmanin , ministre des Comptes publics , en appelle aujourd’hui à la responsabilité individuelle de chacun, affirmant que "Lorsqu’on peut prendre des jours de congés pour pouvoir refaire vivre notre pays (...) au lendemain de cette crise (...), je pense que ce sera une pierre à l’édifice que chacun doit avoir", au micro de Radio Classique. . Une intervention qui exprime parfaitement l’état d’esprit du gouvernement et du patronat pour laquelle la priorité reste la sauvegarde des profits des grands patrons faisant payer la crise aux travailleurs ,alors même qu’ils sont ceux qui continuent à aller travailler, certains dans l’impossibilité d’exercer leur droit de retrait. La mesure sur les congés payés permet au patronat d’éviter de recourir au paiement du chômage partiel, encore un cadeau que lui fait le gouvernement. Ce matin, Decathlon utilisait déjà les nouvelles possibilités qui lui étaient offertes et imposait à ses salariés de poser leurs congés payés, soutenu par Muriel Pénicaud qualifiant d’ « efforts raisonnable » cette mesure demandée aux salariés.

Des efforts pour qui et pour quoi ? Ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise sanitaire engendrés par leurs politiques successives, eux qui ont cassé le Code du travail et le service public pour que les patrons continuent de s’enrichir. Malgré les morts de cette épidémie ravageuse, ils continuent, patronat et gouvernement main dans la main, de mettre en danger la population en maintenant ouvertes les entreprises non essentielles, minimisant les pertes de dividende sur les travailleurs, disposant d’eux au travail comme de quand ils prennent leur temps libre !




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