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Politique

Connivences réactionnaires

Trafic d’armes démantelé : la connivence entre des militaires et l’extrême droite

Mardi dernier, un réseau de trafiquants d'armes comportant deux militaires actifs et un ex-soldat lié à l'extrême-droite a été interpellé. Ce trafic profitait à des organisations identitaires et au trafic de drogue. L'implication de militaires dans cette affaire n'est pas anodine, mais revèle des connivences avec les mouvances les plus réactionnaires.

jeudi 14 janvier

Crédits photo : NR/Patrick Lavaud

Scrutée du coin de l’oeil par deux juges d’instruction depuis le 25 juin 2020, une dizaine de personnes liées à un réseau de trafic d’armes a été interpellée, puis placée en garde à vue, mardi dernier. Ils sont soupconnés d’un vaste trafic d’armes de catégories A et B, soit les plus puissantes, et poursuivis pour les deux motifs suivants : “association de malfaiteurs” et “acquisition, détention, cession, transport d’armes de catégories A et B en réunion”. Selon l’AFP/des sources proches du dossier, les destinataires finaux du trafic semblent être des gens capitalisant sur la drogue, mais aussi des personnes appartenant à des organisations identitaires d’extrême-droite.

A première vue, le réseau était disséminé aux quatre coins de l’hexagone, puisque la BRB (brigade de répresion du banditisme) a arrêté des suspects en Ile-de-France, à l’Est et au Sud de la France. Parmi eux, deux militaires encore actifs ainsi qu’un ex-soldat lié à des mouvances d’extrême-droite. Un des militaires travaillait au ministère de la Défense tandis que l’autre était en poste sur une base de l’Est de la France.

Cette révélation doit nous faire prendre la mesure des connivences entre le trafic d’armes, les forces répressives (Police, Armée) et les organisations les plus réactionnaires. Car l’historique n’est pas vierge. Si les Etats-unis sont un exemple criant de ces liens, la France n’en est pas exempte avc l’affaire de l’attentat de l’Hyper Cacher en janvier 2015 qui impliquait parmi les fournisseurs d’armes un identitaire lillois. Plus remarquable encore, les récentes conversations dévoilées entre policiers sur des groupes privés marquent clairement leur connivence avec l’extrême-droite réactionnaire.

Ce genre de trafics et les connivences qu’ils révèlent entre les mouvances d’extrême-droite fascisantes et les forces armées reflètent polarisation sociale grandissante. Leur mise en lumière permet de prendre la température de l’instabilité régnante. Comme nous le rappelions à propos des Etats-Unis, où les franges les plus réactionnaires de la population ont de plus en plus recours aux armes, ce genre d’affraire est le symptôme d’un monde social sous tension et d’un capitalisme en crise.




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