^

Notre classe

Trahison ! FO Derichebourg, premier allié des attaques du patronat et du gouvernement dans l’aéronautique

Après une semaine de lutte intense de la part des travailleurs de Derichebourg Aéro à Toulouse, les délégués du syndicat majoritaire FO ont fini par signer l'accord de performance collective, véritable plan social déguisé pour les 1600 salariés du prestataire de service. Retour sur une trahison en bonne et due forme dans l'un des premiers cas de lutte contre les baisses de salaire et licenciements.

mardi 16 juin

FO Collabo. Jean Marc Moreau trahi les travailleurs.

Force Ouvrière fera tout son possible, y compris par la voie judiciaire, pour empêcher la pérennisation de ce type d’accord, notamment eu égard au risque de prolifération de ce type d’accord dans le contexte actuel de crise économique engendrée par le covid-19.” Sur le papier peut être, mais dans la réalité de la grève reconductible organisée par les travailleurs de Derichebourg Aéro, la section syndicale de FO a signé l’APC et l’austérité dans le secteur aéronautique à Toulouse !

Menacés par un plan d’Accord de Performance Collective (hérité des ordonnances Macron votées en 2017) dont nous avons explicité à maintes reprises sur Révolution Permanente les conséquences sur les salariés, les travailleurs de Derichebourg se sont vus ce vendredi trahis par la section syndicale majoritaire à 55% et dirigée par Jean Marc Moreau.

L’Accord signé dans ce cas consiste notamment en la suppression de nombreuses primes constituant une partie importante du revenu mensuel des travailleurs comme les paniers repas, la prime kilométrique ou encore la prime dite de “journée de travail” que les patrons avaient décidé illégalement de maintenir pour éviter que celle ci ne soit intégrée au salaire brut mensuel et pouvoir mieux la sucrer. Une baisse donc du quasi 20% de salaire pour certains d’entre eux dans un contexte où nombreux sont ceux toujours soumis aux conditions du chômage partiel et dans l’incertitude de l’emploi. Derrière cet APC, c’est un véritable plan social déguisé sauce Macron qui est mis en place, avec l’obligation de signer le nouveau contrat sous peine de perdre son emploi, alors même que signer ne garantie en rien que l’emploi ne serait pas attaqué dans les prochains mois.

Sous fond de chantage de l’emploi, Moreau s’est fait le secrétaire des plans de P. Lannette (PDG de Derichebourg Aéro) en agitant la menace d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi en cas de refus de la part des salariés des conditions de l’APC d’ici à septembre.

Agissant dans la manoeuvre constante des discours du patron et évitant au maximum de faire face aux travailleurs pour répondre à leurs questions (par “difficulté à savoir communiquer” selon lui) la section syndicale aura tout bonnement décidé de trahir les salariés alors qu’on connaît déjà les futures conséquences de la crise aéronautique sur l’ensemble de la zone industrielle toulousaine et la menace de suppressions massives d’emploi. Assurant avoir le soutient de Yves Verrier dans le cadre de la signature de l’accord (qui déclare lui même s’opposer à tout type d’APC et de chantage aux employés) en allant jusqu’à faire de l’ordre dans sa propre section syndicale en demandant aux suppléants des délégués FO qui ne souhaitaient pas signer l’accord de les remplacer, selon ce que rapportent certains salariés. Jean Marc Moreau se fait donc, avec Lannette, responsable de la précarisation et de la baisse des salaires de centaines de travailleurs, une touche annonciatrice de la politique des organisations syndicales cloisonnées décidées à faire respecter, main dans la main avec le patronat et le gouvernement, les plans sociaux et autres méthodes pour faire payer la crise aux travailleurs.

Les salariés ont montré un contre-exemple.

Devant la trahison de Jean Marc Moreau et de ses fiefs, les salariés ont montré un exemple de combativité sans précédent dans leur entreprise. En organisant un collectif de près de 420 salariés, ils sont parvenus à unir dans l’action syndiqués et non-syndiqués et organiser une des premières grèves reconductibles depuis la fin du confinement pour faire face aux plans du patronat. Ils ont fait une première expérience, initiale, de démocratie ouvrière, notamment en soumettant au vote le 8 juin la suite de la grève, expérience qu’ils souhaitent pérenniser pour éviter que FO et Jean Marc Moreau ne puissent plus jamais décider pour eux de la dégradation de leurs conditions de vie. Un premier exemple pour toute la classe ouvrière toulousaine qui, bien que l’APC n’ait pas reculé, montre la voie de comment ne plus se laisser faire et laisser les patrons et les syndicats pro-patronaux décider de leur vie impunément. Comme l’indique Eric, salarié de l’entreprise lors de l’unes des interview faite par Révolution Permanente : “Nous sommes un premier symptôme malgré nous, maintenant il va s’agir de se battre avec toutes les boîtes qui vont voir les APC et les PSE se multiplier”.

Ils ont notamment appelé à la manifestation du 16 juin appelée nationalement par les soignants et à renforcer le collectif d’encore plus de salariés pour qu’ils puissent s’organiser de manière indépendante des patrons de Derichebourg à la différence de la section syndicale FO ! Un exemple donc à répéter pour éviter de se voir spolier ces conditions de vie sous la main de dirigeants syndicaux ouvertement pro-patronaux et dont l’objectif est avant tout de sauver les intérêts des actionnaires et des patrons.

Une trahison par une section complice de l’austérité qui devrait être dénoncée par toutes les sections syndicales de FO qui voudraient réellement s’opposer aux plans des patrons pour faire payer la crise aux salariés.




Mots-clés

Derichebourg   /    FO   /    Toulouse   /    Notre classe