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Déconfinement

Transports bondés. « C’est vraiment dommage » déplore Olivier Véran. Mais à qui la faute ?

Ce matin, au micro de Jean-Jacques Bourdin, Olivier Véran a du réagir aux dizaines d’images qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrant les métros et les trains de la capitale tout à fait bondés.

lundi 11 mai

Des conditions de circulation qu’il impute à un « bug » de la ligne 13. Si celle-ci a effectivement enregistré un retard de 40 minutes, ce « bug » ne permet pas d’expliquer la situation des RER, dont les quais étaient également très chargés.

Prétendant refuser la « polémique » - euphémisme qui désigne la contestation légitime de ceux que l’on envoie au casse-pipe - il préfère féliciter « les français pour le port du masque » et trouve « dommage » que la distanciation sociale ne soit pas respectée.

Une séquence en réalité édifiante : on atteint la limite de la rhétorique qui consiste à faire porter la responsabilité de la propagation du virus à la population elle-même. Après avoir interdit le port du masque dans de multiples circonstances, son absence est aujourd’hui sanctionnée de 135 euros dans des transports surveillés par un effectif policier colossal. Dans ces circonstances, même s’il faut débourser une somme astronomique pour s’en procurer, les travailleurs forcés de reprendre portent effectivement un masque.

Mais dans ce cas, à qui la faute si la distanciation sociale n’est pas respectée ? Difficile de faire porter le chapeau à ceux qui se rendent équipés comme ils peuvent au travail. Vraiment « dommage » nous souffle-t-il alors que des « consignes claires avaient été données pour éviter qu’il y ait trop de gens réunis sur un quai ». Il se garde bien de rentrer dans les détails de ces fameuses consignes. Elles consistent principalement en l’affichage de stickers au sol et sur les sièges indiquant la distance à respecter. Des dispositions bien légères quand on connaît l’état des bus et les moyens alloués à leur désinfection. Alors, faire reprendre l’économie à tout prix c’est bel et bien prendre le risque d’une contamination massive de tous ceux qui seront obligés de s’entasser dans des rames bondées.

D’autant qu’au sujet des masques, il persiste et signe : après avoir justifié la pénurie de plusieurs semaines par l’inutilité de ces protections, il réaffirme en invoquant l’OMS que « le masque en population générale peut être une illusion de protection qui peut réduire l’efficacité des gestes-barrières ».

Une « illusion de protection » qui coute pourtant très cher. Olivier Véran invoque également l’OMS quand ça l’arrange et se garde bien de mentionner les recommandations qui impliquaient de tester massivement la population dès la mi-mars.

« Vraiment dommage » donc, que le gouvernement n’ait pas pris la peine de distribuer massivement les masques que la grande distribution a réussi à se procurer en grande quantité, ni de mettre en place une politique de tests massifs à l’heure où la capitale est confrontée au risque accru d’une deuxième vague.




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