^

Société

Les associations ne veulent pas servir « d'auxiliaires de police »

Traque des migrants : la police force le 115 à transmettre les informations des sans-papiers hébergés

Nouvelle attaque contre les migrants : le 115, qui héberge gratuitement les personnes sans-logements, devra désormais communiquer les listes des réfugiés qu’hébergent ses centres. Bien que le ministère de l’Intérieur se défende de l’utiliser pour faciliter les expulsions, les associations dénoncent cette manœuvre, qui risque de faire d’elles des « auxiliaires de police ».

mercredi 10 juillet

Le ministère de l’intérieur et celui du logement ont récemment rendu public une instruction ministérielle exigeant que le 115 leur transmette les listes des réfugiés présents dans les centres d’hébergement. Le texte assure que « La transmission d’information prévue par l’instruction ne concerne que les demandeurs d’asile et les bénéficiaires de la protection internationale », et que la mesure a pour but de promouvoir le « dispositif de l’aide au retour volontaire ». Le directeur de l’OFII estime quant à lui que « ce n’est pas la mise en œuvre d’une mesure de contrainte », et que cette instruction ministérielle permettra aux préfets d’être « mieux mobilisés et [qu’] ils pourront aller voir les élus pour trouver du logement. » rapporte Le Monde. Ces déclarations, qui se colorent d’un vernis social, ont en réalité un rôle tout autre.

Les associations, nouvelle « auxiliaires de police »

Cette instruction ministérielle, loin d’être passée comme une lettre à la poste, a très vite fait réagir les associations d’hébergement, parmi lesquelles on compte notamment la fondation l’Abbé Pierre et le Samu social. En effet, celles-ci ont ainsi riposté en déclarant que « le 115 ne peut être placé sous la tutelle du ministère de l’intérieur ou de l’OFIl ni être en situation d’exercer des missions d’auxiliaire de police » et que « le détournement de la finalité des missions du 115 aurait évidemment des conséquences dramatiques pour les personnes sans domicile fixe, qui ne solliciteront plus ce numéro d’appel d’urgence ou quitteront les centres d’hébergement par crainte de mesures coercitives ».

En effet, ces associations ont toutes les raisons de douter des bonnes paroles du gouvernement en matière d’immigration, au vu de leurs bilans et de leurs anciennes déclarations : en 2018 d’après l’OFPRA, ce sont près de 20 000 migrants qui ont été reconduits à la frontière, dont près de 15 000 reconduites forcées, soit une augmentations de 14 % par rapport à l’année précédente. Ces intentions doivent également être analysées à la lueur des propos xénophobes tenus lors du débat aux élections européenne, où la candidate LREM Nathalie Loiseau et Jordan Bardela, pour le Rassemblement National, ont chacun leur tour joué la surenchère répressive : Nathalie Loiseau, candidate du gouvernement a ainsi défendu le bilan de FRONTEX et ses « 350 vols de reconduite à la frontière par an », et assurait souhaiter « accélérer ces reconduites […] pour faire beaucoup plus ». On ne peut faire plus clair. L’objectif des membres de ce gouvernement, en actes comme en parole, est de fermer toujours plus les frontière.




Mots-clés

Migrants   /    Ouvrons les frontières   /    Union Europénne   /    Racisme   /    Société