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Politique

Travailler plus vieux, c’est possible selon Luc Ferry : « J’ai 70 ans, ça m’arrive de conduire des F1 »

Luc Ferry ne comprend pas, pourquoi les agents RATP ne voudraient-ils pas conduire des métros jusqu’à plus de 64 ans ? A 70 ans il fait de la F1 et affiche son mépris de classe partout... Sans stress !

mardi 24 décembre 2019

Dimanche sur LCI, dans une de ces formidables arènes politiques où s’affrontent cruellement un sarkozyste et un ancien gauchiste repenti de ses péchés, Luc Ferry et Cohn-Bendit ont bavardé sur leur accord quant à la tranquillité du travail : « qu’on ne me dise pas qu’à 52 ans, on ne peut plus conduire un métro » s’est révolté le « philosophe ».

Jugez plutôt. Luc Ferry, à bientôt 70 ans, porte sur son dos le poids des années, une carrière bien remplie. Il est un homme usé par des cours non-dispensés mais rémunérés à l’université, qui a su et sait encore faire preuve d’un mépris de classe rare qui bouillonne et déborde lorsque celles et ceux d’en bas deviennent trop remuants, au point d’en appeler à tirer à balle réelle sur les Gilets jaunes quand il ne distingue pas chez les opposants à la réforme des retraites un QI de bulot. Après avoir occupé le fauteuil de ministre de l’éducation nationale, il sillonne aujourd’hui les plateaux télé et vit de la rente de ses livres qui lui permettent à nouveau d’être invité sur d’autres plateaux télé. Malgré tout cela, Luc Ferry pratique la Formule 1 ! Un goût du risque et de l’audace qui vient ajouter un peu de « stress » (inconnu donc des agents RATP qui se lèvent à 3 heures du matin pour travailler) à sa vie de bourgeois parisien, voix cathodique du patronat.

La vie que mène Luc Ferry est un régime spécial du quotidien, celui réservé à une élite et à ses laquais médiatiques, une vie où tu n’es même pas obligé de conduire un métro d’ailleurs, ni de bosser à une caisse de supermarché, de tirer des trains, ou quoique ce soit d’autre. Car ce qu’il y a de vraiment stressant pour toutes celles et ceux qui n’ont pas besoin de se rajouter du frisson le week-end, c’est les salaires trop bas pour joindre les deux bouts, c’est avoir sa vie entre les mains d’un patron qui peut vous virer au premier faux pas ou vous pourrir la vie pour avoir refusé de travailler plus longtemps, pour avoir fait grève (qui peut même vous envoyer les flics comme c’est le cas à la RATP), c’est les journées qui n’en finissent pas d’un travail pénible, aliénant, c’est de ne pas être sûr que ses enfants auront des conditions de vie sinon meilleures au moins pas pires que les siennes ! C’est pour tout cela que des centaines de milliers de personnes se battent aujourd’hui ! Pour le partage du temps de travail contre l’irrationalité de cette société dans laquelle des gens se tuent au boulot quand d’autres se tuent à en trouver. Contre une vie qui devrait être mise toute entière au service des patrons et de leurs profits, jusqu’à ce qu’on ne soit plus utilisables.

Pourtant, les bourgeois insistent, comme Macron le rappelait récemment, « il ne faut pas dire que le travail est pénible » ! Les costards-cravattes du gouvernement qui sont allés l’expliquer droit dans les yeux à des cheminots ou des traminots qui travaillent de nuit, ou à l’aube, sont repartis, comme Djebbari, la tête basse.

Luc Ferry peut se gargariser avec ces amis, qui s’épargnent peut-être même le stress de prendre le métro, face aux grévistes, c’est lui et tout le système qu’il défend qui risquent la sortie de route !




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