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Jeunesse

Inscription et régularisation de tous les sans-papiers !

Tri raciste. Des étudiants ayant fui la guerre en Ukraine risquent l’expulsion du territoire français

Après avoir subi un tri raciste aux frontières puis aux portes des universités, et malgré les dizaines d'inscriptions obtenues dans plusieurs d’entre elles grâce à une forte mobilisation, selon nos informations, des étudiants réfugiés de la guerre en Ukraine sont en train de recevoir des Obligations de Quitter le Territoire Français. La politique raciste et xénophobe du gouvernement se poursuit : il faut refuser qu'un.e seul.e réfugié.e ne se fasse expulser du territoire !

mardi 14 juin

Crédits photo : REUTERS

Suite à la mobilisation d’une centaine d’étudiant.es réfugié.es de la guerre en Ukraine et de collectifs, dont Le Poing Levé, certaines universités ont accepté d’inscrire une part d’entre elleux pour la fin d’année 2021-2022, et ont fait des promesses d’inscriptions pour l’année 2022-2023. Malgré l’espoir d’une potentielle régularisation après les inscriptions, le gouvernement a choisi une tout autre réponse dans la continuité de sa politique raciste. D’après nos informations plusieurs étudiant.es, avec ou sans inscription, ont déjà reçus des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF). Ainsi, après avoir subi le tri raciste aux frontières, celui des universités, les étudiant.es réfugiés sont désormais confronté.es à une nouvelle forme de tri encore plus violente et risquent de se voir expulsé.es du territoire alors même qu’iels aspirent seulement à poursuivre leurs études au même titre que les étudiant.es ayant la nationalité.

En France, le gouvernement a publié sur la base d’une décision du Conseil de l’Union européenne une instruction expliquant que tout le monde ne bénéficierait pas de la « protection internationale », notamment « les ressortissants de pays tiers qui sont en mesure de regagner leur pays d’origine dans des conditions sûres et durables » et a donc refusé d’inscrire les étudiant.es réfugié.es qui n’ont pas la nationalité ukrainienne en prétextant qu’iels pouvaient retourner dans leur pays d’origine. Or, et on le sait très bien, si ces étudiant.es sont parti.es de leur pays d’origine pour venir étudier en Europe c’est car iels viennent pour la plupart de pays anciennement colonisés et pillés justement par des pays européens et que ces pays n’offrent aujourd’hui que très peu de perspectives scolaires ou professionnelles pour elleux.

Dès le 23 mars, Le Poing Levé Paris 8 dénonçait dans un article la situation de plus de 140 étudiant.e.s réfugié.e.s d’Ukraine qui espéraient pouvoir poursuivre leurs études en France après avoir fui la guerre. Dans la foulée, une réunion avec des avocates du comité juridique de Révolution Permanente a rassemblé une trentaine d’étudiant.es réfugié.es afin des les informer sur la situation et de poser les premiers jalons de la lutte pour leur inscription et régularisation.

La mobilisation s’est alors lancée à Paris 8 avec une AG réunissant plus de 150 étudiant.es de l’université et réfugié.es. Puis la mobilisation s’est étendue nationalement dans plusieurs universités, exigeant l’inscription immédiate de ces étudiant.e.s afin de leur garantir la possibilité de poursuivre leurs études, mais aussi pour leur donner l’accès à la demande de titre de séjour étudiant.

Le 15 avril, plus de 600 personnes se sont ainsi réunies au Panthéon contre le tri des réfugié.es. Dans le même temps, le collectif Le Poing Levé menait aussi la bataille dans les conseils en tentant de faire passer des motions dans les conseils pour garantir des inscriptions comme à la Sorbonne ou à l’Université de Paris.

Face à la pression, plusieurs universités ont promis d’inscrire plusieurs centaines d’étudiant.es réfugié.es. C’est d’abord l’université d’Aix-Marseille qui a cédé des inscriptions, s’en est suivi Bordeaux, UP, Paris 6 et puis Paris 8. D’après nos informations, une trentaine d’inscriptions auraient été accordées à Paris 8, mais malgré nos demandes la présidence refuse toujours de communiquer en toute transparence le nombre réel d’inscriptions et les critères d’admissions alors même que le collectif Le Poing Levé accompagne ces étudiant.es depuis le début.

Pour les étudiants réfugiés, ces inscriptions étaient un premier pas pour pouvoir justifier de leur présence sur le territoire français auprès des préfectures et espérer obtenir une régularisation. Or, selon nos informations, plusieurs dizaines d’étudiant.es réfugié.es, avec ou sans inscription, ont commencé à recevoir des Obligations de Quitter le Territoire Française (OQTF) et risquent ainsi d’aller en CRA et d’être expulsé.es après le délai de 30 jours laissé pour quitter par ses propres moyens le territoire. Après avoir subi le tri raciste aux frontières, le tri raciste dans les universités, aujourd’hui ces étudiant.es sont confronté.es à une dernière forme de tri tout autant voire plus brutal et sont ainsi plongé.es dans une situation encore plus grande de précarité et d’incertitude comme en témoigne Nissia, étudiante réfugiée :

Aladin, étudiant algérien ayant fui Kiev et inscrit à Sorbonne-Université, explique dans le même sens sur le plateau de BFM TV : « L’armée ukrainienne m’a frappé quand j’ai voulu quitter le pays, elle voulait que je reste combattre, j’ai réussi à fuir et aujourd’hui on veut m’obliger à quitter le territoire français. »

Alors qu’au début de la guerre en Ukraine, le gouvernement assurait vouloir accueillir les réfugiés et multipliait les coups de com à l’image de la gratuité des trains pour les réfugiés ukrainiens ou la mise à disposition de 100 000 hébergements, la situation des étudiants réfugiés n’ayant pas la nationalité, qui s’apaprente à un véritable parcours du combattant, montre que la politique xénophobe et raciste du gouvernement n’a pas bougé d’un iota. Après la mobilisation pour leur inscription dans les universités, il s’agit maintenant d’exprimer toute notre solidarité et de refuser qu’un.e seul.e réfugié.e ne soit expulsé.e du territoire !



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