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Racisme aux frontières

Tri raciste et répression des réfugiés d’Ukraine originaires d’Afrique et d’Inde : ouvrez les frontières !

Depuis plusieurs jours, les vidéos témoignant d'un traitement raciste des réfugiés d'Ukraine originaires d'Afrique, d'Inde ou d'Afghanistan aux frontières de l'Ukraine se multiplient. Exigeons l'ouverture des frontières !

Jyhane Kedaz

28 février 2022

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Crédits photo : capture d’écran Twitter

Alors que plus de 500 000 personnes ont quitté le sol ukrainien depuis le début de l’invasion russe selon les Nations Unies, dont plus de la moitié sont entrées en Pologne, des ressortissants de pays africains, du Maghreb mais aussi d’Afghanistan ou encore des citoyens indiens semblent faire face à un traitement raciste par les gardes frontaliers.

Si la Pologne dément un tel traitement, ces derniers jours, des dizaines de vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent en effet des réfugiés non-européens bloqués aux frontières de l’Ukraine avec la Pologne, la Slovaquie ou encore la Roumanie. Ces derniers se voient refuser l’accès aux trains et sont parfois violemment réprimés. De fait, la priorité serait donnée aux ressortissants européens, et donc aux réfugiés Ukrainiens blancs, souhaitant quitter le pays.

Parmi les personnes qui témoignent, de nombreux étudiants d’origine africaine ou indienne, racontent leurs difficultés, bloqués contre leur gré sur le territoire ukrainien. « Les ressortissants de l’Union Européenne ont le droit de traverser mais pas nous. Nous sommes africains. Nous n’avons pas le droit de traverser. Il fait très froid. On vous demande de nous venir en aide », explique dans un post un jeune bloqué à la frontière avec des centaines d’autres réfugiés africains.

Dans une vidéo publiée sur Twitter le 26 janvier et vue plus de 670 000 fois, des personnes noires sont directement empêchées de monter dans les trains par les autorités ukrainiennes et violentées.

Ces derniers jours, de nombreuses vidéos similaires ont été réunies derrière le #AfricansinUkraine. Des scènes de violences et de discriminations honteuses et clairement racistes. Parmi les centaines de ressortissants de pays africains patientant aux frontières, sans ressources, des personnes avec des enfants en bas âge comme cette jeune femme assise dans le froid, qui a été filmée avec son bébé de deux mois dans les bras alors que le thermomètre affichait 3°C.

A l’arrivée en Pologne, l’accueil n’est pas plus chaleureux. Les trains seraient gratuits pour les citoyens ukrainiens mais pas pour les étudiants africains provenant d’Ukraine, qui n’ont pour certains aucune ressource ou connaissance, comme l’explique cette journaliste présente à Przemysl dans le Sud-Est de la Pologne. Un journaliste de France 24, Tahar Hani, cité par Le HuffPost confirme de son côté que « Les Africains et les maghrébins semblent être discriminés au niveau du passage frontalier entre l’Ukraine et la Pologne »

Des étudiants indiens auraient également été victimes d’une violente répression à la frontière ukrainienne, tabassés par les autorités.

Plusieurs d’entre eux ont rapporté au Times of India que les gardes frontaliers leurs avaient exigé un pot de vin pour passer la frontière, et leurs auraient déclaré : « Votre gouvernement n’a pas voulu coopérer avec nous, pourquoi nous devrions coopérer avec vous ? ». Plusieurs jeunes affirment avoir perdu leurs papiers, confisqués, ou égarés dans la confusion des événements.

En France, ces scènes de racisme aux frontières de l’Union Européenne sont peu commentées, faisant écho aux propos de certains éditorialistes sur es « bons » réfugiés blancs et les « mauvais ». Anasse Kazib, candidat à la présidentielle pour Révolution Permanente a lui dénoncé dimanche sur le plateau de LCI « le fait que les personnes issues de l’immigration soient empêchées de pouvoir quitter l’Ukraine ».

Face à ce traitement honteux, il est urgent de revendiquer haut et fort un accueil inconditionnel de l’ensemble des réfugiés et l’ouverture des frontières à toutes celles et ceux qui fuient la guerre ! Une revendication rendue urgente par la situation ukrainienne, mais qui devrait par ailleurs être généralisée à l’ensemble des migrants, pour lesquels nous exigeons la liberté de circulation et d’installation.


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