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Tribune. La sécurité ferroviaire de la Gare du Nord est en jeu

Voilà 5 mois que les agents de maintenance de la première gare d'Europe sont en grève pour dénoncer les conditions de travail et de salaire. Dans cette tribune parue dans Mediapart, une cinquantaine de signataires, dont des personnalités politiques, syndicales et associatifs, ainsi que des organisations, dénoncent le risque ferroviaire en Gare du Nord et appellent à soutenir les grévistes de l'Infrapole Paris Nord.

lundi 14 juin

Tribune initialement parue dans Mediapart

Le 19 mai 2021, le tribunal de justice de Bobigny a condamné SNCF Voyage et SNCF Réseau, concernant le risque ferroviaire sur le périmètre de Paris Nord.

Cette décision de justice importante fait suite à la grève des agents de maintenance des voies de la première gare d’Europe, où transitent des millions d’usager.e.s chaque mois.

C’est la deuxième décision de justice contre la SNCF depuis le début de cette grève, la première datant du 12 mars, pour délit d’entrave au droit de grève des agents de l’Infrapole Paris Nord. Depuis plus de 4 mois, les cheminots ayant pour tâche la maintenance et la surveillance des voies de Gare du Nord luttent pour leurs conditions de travail et de salaire, mais également pour dénoncer les risques de plus en plus importants que prend la direction de la SNCF, avec le recours massif à la sous-traitance.

Plutôt que de répondre aux revendications légitimes des travailleurs qui toute l’année travaillent dans les souterrains de la gare, au milieu des rats, des cafards et des seringues, la direction a préféré jouer le pourrissement et le recours massif aux entreprises privées avec l’argent du contribuable.

Depuis le début, les grévistes réclament notamment, de pouvoir travailler en sécurité, la création de nouveaux emplois suite à l’allongement des parcours de maintenance, le changement du matériel ou encore la reconnaissance du travail dans les souterrains de Gare du Nord avec une indemnité pénibilité de 20 euros par jour de travail.

La stratégie de pourrissement qu’a décidé d’adopter la direction de la SNCF a une incidence directe sur l’état du réseau ferré et donc de la garantie de pouvoir emprunter le réseau de la gare du Nord en toute sécurité.

Cette décision de justice vient condamner la SNCF à faire la lumière sur la maintenance des voies depuis plus de 4 mois maintenant.

Plusieurs mails de l’inspection du travail, dans le cadre de cette grève, ont dénoncé le « risque Brétigny » en référence à la terrible catastrophe ferroviaire en 2013 dans la gare de Brétigny-sur-Orge et le juge du tribunal de Bobigny parle lui-même de « risque de déraillement ».

Nous n’accepterons pas que les vies des millions d’usagers de la gare du Nord soient mises en danger sous prétexte de ne pas vouloir répondre aux revendications des grévistes de la maintenance. Les cheminots de l’Infrapole Paris Nord, souvent aux salaires les plus bas, sont en première ligne depuis le début de la crise sanitaire.

Depuis des années, la SNCF, en collaboration avec la présidente de région IDF Valérie Pécresse et le ministère des transports, pousse toujours plus à la casse du service public ferroviaire et au dumping social. Les travailleurs du rail en payent le prix, mais également les millions d’usagers des transports.

C’est pourquoi dans l’intérêt des travailleurs et du service public ferroviaire, nous soutenons les grévistes de l’Infrapole Paris Nord dans cette lutte légitime et appelons à de véritables avancées dans le cadre de cette grève.

Les transports doivent devenir un véritable service public, qui profite aux usagers qui l’empruntent et aux salariés qui le font vivre chaque jour.

Le jeudi 17 juin à 13h, retrouvons-nous sous les fenêtres d’Île-de-France Mobilités, au 39-41 rue Châteaudun, pour dénoncer cette situation mettant en danger la vie des salariés et des millions d’usagers de la Gare du Nord.

SYNDICALISTES ET PERSONNALITÉS :

Anissa Amini, aide-soignante en EHPAD dans le 93 et syndicaliste Sud Santé réprimée

Ahmed Berrahal, délégué CGT RATP Bus Flandre, réprimé

Eric Bezou, syndicaliste réprimé par la SNCF et lanceur d’alerte

Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis La France Insoumise

Adrien Cornet, délégué CGT Total Grandpuits

Vincent Duse, délégué CGT PSA Mulhouse

Alexandre El Gamal, délégué CGT RATP Bus Vitry, réprimé

Gérard Filoche, inspecteur du travail retraité

Gaëtan Gracia, délégué CGT Ateliers de Haute-Garonne

Julie Garnier, oratrice La France Insoumise

Anasse Kazib, militant Sud Rail et Révolution Permanente

Rozenn Kevel, militante féministe Du Pain et Des Roses, et syndicaliste CGT Chronodrive réprimée

Konstantin, syndicaliste Biocoop réprimé

Stathis Kouvelakis, philosophe

Aude Lancelin, journaliste

Aladin Lévèque, enseignant réprimé de Melle, Sud Educ

Frédéric Lordon, chercheur au CNRS

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central CGT PSA

Boris Mollet, éducateur spécialisé réprimé

Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne et Vice-présidente du groupe parlementaire La France Insoumise à l’Assemblée nationale

Thomas Petit, soignant réprimé du CH de Rouvray

Christian Porta, délégué CGT Neuhauser

Gaël Quirante, secrétaire Sud PTT 92

Danielle Simonnet, oratrice La France Insoumise, élue au conseil municipal du 20e arrondissement de Paris

Omar Slaouti, militant anti-raciste, Front Uni des Quartiers Populaires

Assa Traoré, militante anti-raciste

Kevin Vacher, militant pour le logement digne à Marseille

Audrey Vernon, comédienne

ORGANISATIONS :

Fédération Sud Rail

Fédération Solidaires RATP

CGT Cheminots Mulhouse

CGT Neuhauser

CGT Chronodrive

CGT RATP Bus Flandre

CGT RATP Bus Saint-Denis

CGT RATP Bus Fontenay-aux-Roses

CGT RATP Bus Malakoff

CGT Total Grandpuits

Collectif CGT Monoprix Île-de-France

UL CGT Mulhouse

CGT Ateliers de Haute-Garonne

Sud Educ 93

Sud Educ 95

Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille

Collectif Interprofessionnel anti-répression

Comité de soutien aux quatre de Melle

Comité Justice et Vérité pour Gaye Camara

Youth For Climate Paris

Nouveau Parti Anticapitaliste

Révolution Permanente




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