^

Répression

Trois enseignants de Melle menacés de procédure disciplinaire

Alors que la mobilisation des enseignants se poursuit contre les E3C, le gouvernement choisit de répondre par la répression. Trois professeurs de Melle, dans l'académie de Poitiers, sont menacés d'une procédure disciplinaire. Une journée de mobilisation est appelée ce mardi pour les soutenir, ainsi que tous ceux visés par la répression.

mardi 10 mars

Cette semaine, trois professeurs du lycée Joseph Desfontaines de Melle dans les Deux-Sèvres sont visés par des sanctions arbitraires. Dans ce lycée, les pressions exercées par la hiérarchie ont poussé, en l’espace d’un mois, 15 professeurs à se mettre en arrêt maladie. ! Dans un lycée verrouillé par la police les élèves ont dû composer l’ensemble de leurs épreuves d’E3C en un jour (7h20 d’épreuves pour certains élèves) !
Comme le disent les trois enseignants visés par des sanctions, leur petit lycée Joseph Desfontaines de Melle est le lieu idéal pour faire un exemple, un petit lycée de milieu rural dans une académie (Poitiers) où la mobilisation n’est pas aussi visible et étendue qu’elle peut l’être en région parisienne ou à Bordeaux. Pour le ministère un lieu idéal pour régler nationalement des comptes sans trop de risque. Pour les soutenir et contrer la répression au niveau national, rendez-vous à 9 heures le mardi 10 mars devant le rectorat de Poitiers et tous ceux de France.

La méthode Blanquer : répression et mépris

Depuis l’été et son passage en force sur la réforme du BAC et l’école de la confiance Jean-Michel Blanquer a choisi la répression. Dans le sillage du mouvement contre la réforme des retraites et la casse du service public de nombreux profs, élèves, parents d’élèves et personnels de la vie scolaire ce sont mobilisés contre les E3C, notamment en bloquant les lycées. La réponse du ministre de l’éducation nationale se résume en deux mots : répression et mépris.
Répression d’abord avec des interventions violentes de la police pour déloquer les lycées, sanctionner, arrêter et intimider les lycéennes et lycéens mobilisés. Ces méthodes sont dans la continuité de la politique du gouvernement vis-à-vis du mouvement lycéen, dont l’exemple le plus révoltant est sans doute l’humiliation collective de lycéens de Mantes-la-Jolie en plein mouvement des Gilets Jaunes.
Répression encore, avec les sanctions disciplinaires prisent à l’encontre de lycéens et de professeurs mobilisés. Un peu partout en France les rectorats convoquent des professeurs pour avoir « perturbé le bon fonctionnement des E3C ». Commissions disciplinaires, suspensions conservatoires et même poursuites pénales sont l’arsenal dégainé par le ministère pour faire rentrer dans les rangs ceux qui contestent un réforme illisible, chaotique, menée avec un amateurisme confondant et qui met encore un peu plus à mal le service public d’éducation.

À Clermont-Ferrand, cinq enseignants et deux étudiants ont été convoqués au commissariat pour une enquête sur une « infraction d’intrusion non autorisée dans un établissement d’enseignement ». À Montauban au Lycée Bourdelle, six enseignants sont menacés par le recteur d’une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et de 7 500 euros d’amende pour avoir "perturbé le bon déroulement des E3C". Même politique de la canonnière à Cahors, au lycée Marot où 9 professeurs ont reçu un courrier les accusant d’avoir failli à leurs obligations de neutralité en tant que fonctionnaires. À Dôle dans le Jura Noël Bucher est suspendu 4 mois à titre conservatoire. Sanctions qui menacent aujourd’hui également trois professeurs de Melle. Partout cette répression vise à étouffer la mobilisation en faisant des exemples.

Ce tournant autoritaire du gouvernement pour répondre à une remise en question légitime s’inscrit dans un profond mépris du monde de l’éducation et plus particulièrement dans un mépris du corps enseignant. Les réformes Blanquer ont été pensées et appliquées contre l’avis de la plupart des concernés, qui dénoncent une réforme qui crée de fait des bacs locaux, n’ayant pas la même valeur. Pour Blanquer ces contestataires sont au mieux des cancres entêtés, incapables de comprendre l’intérêt de ces réformes, au pire de dangereux agitateurs, qui poussent leurs élèves à se révolter. Pourtant il ne faut pas être grand clerc pour voir que ce qui pousse lycéens et parents d’élève à se mobiliser. C’est avant tout l’illisibilité de cette réforme, ses effets néfastes et l’angoisse qu’elle fait peser sur eux !

Face d’un côté à cette détresse et à une réforme calamiteuse et de l’autre à un ministre autoritaire, qui ne sait que contraindre par la répression, les professeurs mobilisés et tous ceux qui luttent avec eux n’ont d’autre choix que de se taire ou bien lutter malgré la répression. Nous nous devons de soutenir ceux qui sont frappés par la répression, en les visant eux le gouvernement entend tous nous faire plier.




Mots-clés

répression syndicale   /    Répression