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Société

Nos vies valent plus que leurs profits

Trois jours pour les patrons, c’est un an de travail pour nous !

En date du 3 janvier, les grands patrons français auront déjà gagné l’équivalent d’un an du salaire moyen d’un salarié. Un chiffre qui en dit long sur les inégalités entre patrons et salariés. Anthony Liam

vendredi 6 janvier 2017

En seulement trois jours, les dirigeants des 120 plus grandes entreprises françaises ont gagné en moyenne plus que ce qu’un salarié moyen gagnera cette année, soit environ 30 000 euros. Ces statistiques publiées par La Tribune sont basées sur le salaire moyen des patrons l’an dernier : 3,5 millions en 2015 (20 % de plus qu’en 2014) ce qui équivaut à 9 589 euros par jour. Il faut donc 2 jours et 18h au patron d’une grande entreprise pour gagner 30 000 euros : le salaire annuel moyen d’un travailleur du privé.

Mais, les inégalités salariales ou plutôt, l’inégale répartition des profits, si elle s’amplifie, ne datent pas d’hier. A chaque scandale de ce type, les hommes politiques dominants feignent d’être choqués par la « découverte » de ces injustices, et nous promettent d’intervenir pour régler le problème. Les députés légiférèrent pendant des mois… sans que jamais rien ne change.

Car les hommes politiques dominants, plutôt que de s’attaquer au problème, préfère faire des réformes cosmétiques, en faisant croire aux travailleurs et aux classes populaires qu’elles changent les choses. Le dernier exemple, nous l’avons eu avec la loi dite « Sapin 2 » (votée le 8 novembre 2016), portant sur la répartition des profits. Apparue à la suite du scandale de la rémunération de Carlos Ghons et Carlos Tavares (respectivement PDG de Renaud et de PSA), elle instaure le « say to pay » dit « contraignant » : les assemblées générales d’actionnaires doivent désormais valider les salaires des dirigeants. Inutile de dire que les actionnaires qui remplissent leurs poches du travail des salariés se fichent bien de la justice sociale et qu’ils ne diminueront pas le salaire des patrons...

Face aux injustices criantes de cette société, aux grands patrons qui se gavent pendant que les travailleurs et les classes populaires se serrent la ceinture, c’est bien sur nos propres forces qu’il va falloir compter pour faire changer les choses.




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