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Troisième nuit de révolte à Barcelone avant la grève générale de vendredi

Depuis lundi et la condamnation de leaders indépendantistes à 9 à 13 ans de prison pour sédition, le peuple catalan se lève contre l’oppression. La nuit de mercredi à jeudi a été marquée par une nouvelle répression féroce des Mossos.

jeudi 17 octobre

Crédit photo : AFP / Lluis Gene

Des milliers de Catalans ont défilé pour la troisième journée consécutive pour réclamer la libération et l’amnistie immédiate des militants indépendantistes condamnés ce lundi à des peines allant de 9 à 13 ans de prison.

Ce mercredi, la manifestation appelée par les Comités de Défense de la République a débuté à 19h30 devant le ministère de l’Intérieur. Les milliers de personnes réunies ont réclamé la démission du ministre de l’intérieur, Miquel Buch, responsable de la répression. Alors que le rassemblement se passait bien et que les manifestants aient lancé du papier toilette, les Mossos ont chargé la rue et ont tiré au flashball.

C’est alors que des centaines de personnes ont improvisé des barricades. D’après FranceInfo, « quatorze personnes ont dû recevoir des soins, selon un premier bilan des services de secours établi dans la soirée ». Depuis lundi, les forces de répression catalane ont fait plus de 150 blessés et ont interpellé plus de 80 personnes.

Des milliers de Catalans marchent en direction de Barcelone

Ce vendredi, les syndicats combatifs IAC et Intersindical-CSC ont appelé à une grève générale et à une manifestation. Cela s’annonce comme une démonstration de rue monstre malgré le fait que la majorité des syndicats n’appelle pas à cette journée.

Les Barcelonais seront rejoints par des milliers de Catalans qui marchent sur la ville depuis mercredi. Ces "Marches pour la liberté" ont été appelées par les organisations indépendantistes ANC et Òmnium Cultural. Elles sont parties de Gérone, Berga, Vic, Tarragone et Tàrrega. Ils seraient 10 000 participants, selon les organisateurs, a être parti de Gérone.

D’après Le Monde, « les défilés ont bloqué, mercredi, des dizaines de kilomètres de routes et d’autoroutes et créé des bouchons dans une zone fondamentale pour l’économie espagnole, et qui est un point de passage vers le reste de l’Europe ».

Alors que le gouvernement catalan réprime et que son président, Quim Torra, a dénoncé les « violences des manifestants », il a rejoint l’une des marches qui bloquait une autoroute. D’un côté il réprime les « mauvais » indépendantistes catalans qui sont « violents » mais de l’autre s’affiche avec les « bons » catalans qui marchent pacifiquement. Une politique d’entre deux difficilement tenable pour le gouvernement indépendantiste bourgeois.

La Generalitat qui soutient mais surtout réprime

Quim Torra, poussé par le gouvernement central « socialiste » de Pedro Sanchez à « condamner clairement et sans l’excuser le recours à la violence », s’est exécuté à la télévision. Il a expliqué que les violences étaient dues à « un groupe d’infiltrés et de provocateurs ». « Nous ne pouvons pas permettre les incidents que nous voyons dans les rues… cela doit s’arrêter immédiatement », a-t-il déclaré avant de légèrement nuancer « il est normal et il est bon que nous protestions contre une sentence injuste et aberrante ».

Mais comme le chantent les manifestants devant les barricades en feu, « ce n’est pas de la violence, c’est de l’autodéfense ». De l’auto-défense face à la férocité des Mossos (CRS) du gouvernement catalan. Car pour l’instant ce n’est pas l’État espagnol qui réprime mais bel et bien le gouvernement catalan.

Ce gouvernement qui s’attend à encore plus de débordements ce vendredi. Miquel Buch a déclaré mercredi après-midi que de nouvelles violences étaient attendues et que « les Mossos d’Esquadra continueront de garantir la sécurité des citoyens ». Le gouvernement central espagnol quant à lui a déployé pour ce vendredi 200 agents supplémentaires pour épauler la police catalane.

La répression risque de s’accentuer ce vendredi. Le gouvernement de la Generalitat et de Madrid main dans la main pour réprimer le peuple catalan qui se soulève une fois encore pour faire respecter son droit démocratique, non pas par les urnes mais dans la rue. Les élections législatives auront lieu dans quelques semaines. JuntsxCat de Quim Torra doit jouer sur deux tableaux afin d’en récupérer de l’électorat à Ciudadanos et en même temps garder sa base indépendantiste qui pourrait être tentée de porter son choix sur des partis plus radicaux. Ce n’est donc pas anodin que Quim Torra réclame un autre référendum pour l’autodétermination de la Catalogne. Mais comme les Catalans ont pu le remarquer il y a deux ans, le gouvernement de l’État espagnol se moque bien du droit démocratique.




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