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Politique

Corruption

« Trou de mémoire » de 170.000€ : le ministre des PME de Macron devant la justice

Suite au renvoi de son procès prévu initialement le 22 septembre, Alain Griset, ministre délégué en charge des PME, comparaissait ce mardi au Tribunal correctionnel de Paris pour « déclaration incomplète ou mensongère de sa situation patrimoniale » et « de ses intérêts ». Le ministre avait « oublié » de déclarer 171 000 euros, rien que ça !

mercredi 13 octobre

Revenons rapidement sur ce qui est reproché à ce ministre. Celui-ci n’avait pas déclaré des participations financières détenues dans un plan d’épargne en actions (PEA), ainsi que le compte espèces associé pour un montant de 171 000 euros. Plus encore, une grande partie du montant (130 000 euros !) n’avait rien à faire sur son compte et provenait de la vente de parts d’une société civile immobilière détenues par la Confédération nationale de l’artisanat et des services (CNAMS) Nord. Comme nous l’expliquions dans un précédent article, ces faits lui avaient valu d’être signalé par TRACFIN (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins). Certains de ces faits font encore l’objet d’une enquête pour abus de confiance. En effet, les six membres du bureau de la CNAMS Nord sont en désaccord avec les déclarations d’Alain Griset pour sa défense.

Toute la défense du ministre délégué de Macron repose consiste à dire qu’il ne s’agirait que d’omissions, de maladresse ou encore de méconnaissance du droit. « Il n’a pas le profil de quelqu’un qui aurait dissimulé une partie de son patrimoine ou des parts dans des sociétés commerciales. C’est une maladresse, certainement pas une volonté de tricher », explique son avocat Me Maisonneuve. Tout est dit : ce n’est pas sa faute ! Finalement, le procureur a requis 10 à 12 mois de prison avec sursis, 30 000 € d’amende et une inéligibilité de trois ans. « Non seulement le prévenu est de mauvaise foi, mais il est d’une particulière mauvaise foi », a souligné le magistrat.

Deux poids deux mesures

Malgré cette condamnation, il y a fort à parier que le ministre restera en exercice. Et pour cause : il a le soutien de Macron depuis le début de l’affaire et expliquait en septembre qu’il continuerait « tant que le président [lui ferait] confiance sur ce travail ».

Quand on pense à cette caissière licenciée pour avoir acheté une baguette et une patate douce sur son temps de pause, on ne peut que relever l’hypocrisie des classes dominantes.

Et lorsqu’on pense à Olivier Dussopt, secrétaire d’État à la fonction publique, lui aussi sous le coup d’une enquête pour prise illégale d’intérêts, ou à Éric Dupont-Moretti, mis en examen en juillet dernier, lui aussi pour « prise illégale d’intérêts », et à qui Jean Castex avait renouvelé « toute sa confiance », il devient évident que les affaires de corruption sont affaire courante sous la Vème République. Ces affaires concernent les plus hauts représentants de l’État, à l’image de Nicolas Sarkozy condamné à trois ans d’emprisonnement dont un an ferme pour corruption et trafic d’influence, montrant l’impunité des personnalités politiques jusqu’au sommet de l’État.




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