^

Monde

Trump charge sa diplomatie d’arranger un cessez-le-feu entre Turcs et Kurdes

​ Le pompier pyromane nord-américain, après avoir laissé le champ libre sur le terrain militaire à l'offensive réactionnaire turque contre le Rojava en abandonnant précipitamment son ancien “allié” qui fut le principal rempart contre l’Etat islamique, dit maintenant vouloir trouver un cessez le feu.

vendredi 11 octobre

 Crédit photo : REUTERS/Jonathan Ernst 

Donald Trump a fait retirer en début de semaine les troupes américaines qui se trouvaient près de la frontière turque avec la Syrie dans la zone contrôlée par les forces démocratiques syriennes et les milices kurdes. Dans la foulée, le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé mercredi son opération contre les milices kurdes qu’il accuse de "terrorisme", bien que celle-ci ait était la principale force à contenir puis défaire l’Etat islamique en Irak et en Syrie, là où l’Etat turc et son gouvernement réactionnaire laissent transiter, voire arment des groupes djihadiste via la région de Gaziantep. Washington s’est retrouvé contraint de s’allier avec la seule force en mesure de combattre sérieusement l’avancée de Daesh dans la région qui était les Kurdes.

Cependant le retrait des troupes américaines qui empêchaient toute action militaire de la Turquie, de par leur appartenance à l’OTAN a été si précipitée, car ordonné par Donald Trump suite à un échange téléphonique avec Erdogan, que l’abandon planifié depuis longtemps à revêtu le caractère d’une trahison flagrante de l’Oncle Sam. Cette manœuvre a suscité une grande vague de critiques et condamnations internationales, notamment des puissances impérialistes européennes qui voient d’un mauvais œil la perspective de déstabilisation de cette région du monde après le relatif statu quo de la fin de la guerre en Syrie, qui pourrait notamment permettre la réapparition de Daesh dans la région.

Mais le président nord-américain s’est aussi retrouvé fort isolé en interne où de nombreuses voix se sont levées face à cette manoeuvre précipitée. Trump se voit donc contraint de changer sa tactique pour désengager les troupes de la région, et laisser le champ libre à la Turquie, sans pour autant faire passer l’impérialisme américain pour un acteur traître dont il faut se méfier à l’avenir.

Washington se propose donc de se positionner en tant que médiateur entre la Turquie et les Kurdes dans le but de décoller l’image d’une puissance qui abandonne ses “alliés” du jour au lendemain au grès des besoins. Pour la diplomatie américaine, l’offensive turque n’aurait pas encore franchi la “ligne rouge”, pourtant interrogée sur la définition de cette ligne rouge, un haut responsable du département d’État américain a expliqué que cela inclurait des frappes aériennes ou terrestres aveugles contre la population civile, or ces frappes ont lieu actuellement sur les centres urbains frontaliers côté syrien comme le démontrent les 64 000 personnes déjà déplacées. Cette “ligne rouge” semble donc a priori, plus correspondre aux objectifs militaires d’Ankara, qu’à une réelle protection des populations civiles.

Washington menace Ankara de sanctions économiques en cas de comportement disproportionné ou "inhumain”, cependant, ces menaces sont contradictoires sachant que la Turquie est, d’une part, l’un des principaux clients de l’industrie militaire américaine et européens et d’autre part, membre de l’OTAN.

Il apparaît donc clair que la Maison blanche essaye de manoeuvrer après le du retrait​ immédiat et​ précipité de la région. La diplomatie américaine met donc le pied sur le frein en changeant de posture, mais l’intention d’abandonner les Kurdes reste la même. Il est donc nécessaire de ne rien attendre de l’impérialisme nord-américain complice de cette offensive et de dénoncer son rôle de déstabilisation de la région et plus en général, du monde. Face à cette nouvelle offensive réactionnaire qui pourrait faire jusqu’à 300 000 réfugiés, il est nécessaire d’apporter un soutien internationaliste pour la défense du Rojava et rappeler le droit inaliénable à l’autodétermination des peuples. C’est pourquoi il faudra être nombreux à manifester dans la rue ce samedi son soutien au peuple Kurde.




Mots-clés

Donald Trump   /    Turquie   /    Monde