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Trump menace d’envoyer l’armée dans le pays et déploie des militaires « lourdement armés » à Washington

Hier lors de sa conférence de presse dans les jardins de la Maison Blanche, Trump a appelé les gouverneurs à une répression plus dure, menaçant de reprendre celle-ci en main si leurs réponses lui paraissaient insuffisantes. En parallèle, Trump a annoncé le déploiement de militaires armés dans Washington et l'instauration d'un couvre-feu.

mardi 2 juin

« Je suis votre président, garant de la loi et l’ordre » a déclaré Donald Trump au début de son discours à la roseraie de la Maison Blanche ce lundi 1er juin à 18h45 (00h45 heure française), à une semaine du début des manifestations. Tout au long du discours, le locataire de la maison blanche n’a pas cessé de faire des références à la grandeur des États-Unis et de sa loi pour justifier les mesures répressives à l’encontre de celles et ceux qui se sont soulevés contre les violences policières et le racisme dans le pays.

« Je veux que les organisateurs de ces mouvements sachent qu’ils risquent de graves sanctions ainsi que des longues peines de prisons. Cela concerne les antifas et tous ceux qui sont à l’origine ces violences » a expliqué le Président des Etats-Unis à propos de la répression. Une manière d’annoncer sa volonté d’accroître la répression policière, déjà forte depuis le début du mouvement. Trump continue son œuvre de criminalisation du mouvement, en le faisant reposer sur les militants antifascistes et l’extrême-gauche, pour assimiler ce mouvement des masses étasuniennes à une manipulation orchestrée par quelques agitateurs : un moyen de justifier la répression auprès des secteurs indécis et encore observateurs de la population.

Plus loin dans le discours, Trump a annoncé vouloir mettre radicalement fin aux soulèvements : « Aujourd’hui, j’ai fortement recommandé à tous les gouverneurs de déployer la garde nationale avec suffisamment d’effectif pour être capable de dominer les rues ». La Garde nationale des Etats-Unis est une force militaire de réserve qui comprend des corps d’armée terrestres et aériens. Ces annonces prennent les couleurs d’une guerre contre la jeunesse et la population noire, considérées comme l’ennemi intérieur. Il a également annoncé que si les gouverneurs refusaient ou étaient trop lent à prendre les mesures nécessaires, il prendrait lui-même la direction des événements. « Si une ville ou un Etat refuse de prendre les mesures nécessaires pour défendre la vie et la propriété de leurs résidents, je déploierai l’armée américaine et résoudrait le problème à leur place. » a-t-il expliqué.

Une annonce qui fait suite à une réunion virtuelle avec les gouverneurs, où les Démocrates se sont opposés aux recommandations de Trump. Tim Walz, gouverneur du Minnesota a ainsi expliqué notamment que les recommandations du Président étaient « insoutenables militairement et insoutenables socialement ».. Andrew Cuomo, gouverneur de l’État de New-York, a quant à lui répondu « Merci mais non merci » à la recommandation , tout en envoyant la police new-yorkaise réprimer les manifestations qui avait lieu au même moment dans les rues de la grande Pomme.

Des tensions qui expriment à la fois des débats au sein de la bourgeoisie américaine sur la meilleure manière de réprimer les mobilisations et sur le "dosage" à adopter pour éviter d’alimenter les révoltes, Trump se faisant le partisan d’une réponse très dure, mais aussi les tensions entre gouvernement fédéral et gouverneurs, responsables des réponses adoptées, et entre Républicains et Démocrates. Ces derniers tentent tant bien que mal de trouver les moyens d’apparaître du côté des manifestants en prévision des élections tout en assurant le maintien de l’ordre bourgeois dont ils sont un des piliers. En ce sens, Joe Biden, rédacteur d’une loi ultra-répressive, le Crime Bill de 1994, tente de s’afficher critique de la posture de Trump. « Il utilise l’armée américaine contre les Américains. Il envoie du gaz lacrymogène contre des manifestants pacifiques et tire des balles en caoutchouc. Pour une photo » a-t-il ainsi dénoncé, une position évidemment contradictoire avec la répression réelle déployée par les Démocrates dans les Etats qu’ils dirigent.

Par-delà ces débats, les jours qui vont suivre pourraient être le théâtre d’une rapide accélération de la répression policière qui a déjà provoqué la mort de plusieurs manifestants à travers les États-Unis, et qui pourrait être aggravée par la polarisation sociale et le risque d’une mobilisation des secteurs trumpistes d’extrême-droite excités par les déclarations du Président. D’ores et déjà, Trump a annoncé un déploiement « de milliers de soldats lourdement armés » à Washington.




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