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Trump ne considère plus les colonies israéliennes comme illégales

Mike Pompeo, secrétaire d’Etat des États-Unis, a annoncé lundi que les USA ne considéraient plus les colonies israéliennes en Cisjordanie comme illégales. Une annonce qui tombe à point nommé pour Netanyahou et pour Trump qui cherche à rassembler ses troupes alors qu’il est en pleine procédure d'impeachment.

jeudi 21 novembre

Crédit Photo : Ahmad Gharabli / AFP / Getty Images

La décision états-unienne de ne plus considérer les colonies israéliennes comme illégales a été annoncée lundi par le secrétaire d’État Mike Pompeo. Depuis l’arrivée au pouvoir de Netanyahou en 2009, les développement des colonies en territoire palestinien s’est grandement accentué.
 
Du point de vue international, les colonies sont considérées comme illégales par l’ONU et une grande majorité d’États. Cependant, il convient de noter qu’aucune résolution de l’ONU ni condamnation internationale n’est parvenue à entraver leur établissement. L’État israélien reste après tout le meilleur allié de l’impérialisme américain et européen dans la région.
 
Cette décision états-unienne est avant tout symbolique, tout comme la décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État israélien et de reconnaître l’annexion des hauteurs du Golan.

La décision tombe à pic pour Netayahou, mais également pour Trump lui-même. En effet, les deux hommes sont en grandes difficultés dans leurs pays respectifs. Bibi vient d’être mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance dans différentes affaires. Il dénonce « une tentative de mener un coup d’État contre le Premier ministre », rien que ça, et appelle à « enquêter sur les enquêteurs ». De plus, il a échoué à former une coalition pour avoir une majorité à la Knesset. Le président israélien avait alors chargé son adversaire, Benny Gantz, de la responsabilité de former une coalition. Cela s’est également traduit par un échec et une troisième élection consécutive se dessine.

Cette annonce de Trump est présentée comme une victoire pour Netanyahou dans le pays. D’après le journal israélien Ha’Aretz, des sources proches du premier ministre expliquent qu’il a lui même négocié ce dossier pendant des mois. Cela aurait donc pour but de lui permettre d’en récolter les lauriers et de brosser dans le sens du poil les fondamentalistes religieux et l’extrême-droite israélienne, dans l’optique de former un gouvernement ou bien d’espérer remporter les prochaines élections.

Pour Trump, le but en sensiblement le même. Il est actuellement en pleine procédure d’impeachment. Il a été grandement mis à mal par plusieurs témoignages. Il cherche donc à rassembler ses soutiens dans cette période de crise à un peu moins d’un an des prochaines élections à la Maison Blanche.
Comme à son habitude depuis le début de son mandat, sa politique envers la colonisation israélienne est dictée par sa volonté de satisfaire son électorat évangéliste, fer de lance des soutiens de Trump.

Trump et Netanyahou marchent main dans la main en pleine tempête. Cette décision est également un geste de Trump envers son meilleur allié. En effet, le départ des troupes américaines du nord de la Syrie, ayant permis l’offensive turque, n’a pas été vue d’un bon œil par l’État israélien, qui voit en la Turquie d’Erdogan un concurrent régional qui gagne en puissance, en sa défaveur. La « légalisation » des colonies israéliennes en Cisjordanie ne serait donc que le résultat d’un petit jeu politique bien calculé, et ce au dépend du peuple Palestinien qui n’a pas voix au chapitre et qui voit la première puissance mondiale reconnaître la spoliation de ses terres par l’État sioniste.




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