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Cours en ligne

Trump se sert de la crise sanitaire pour supprimer les visas des étudiants étrangers

L’administration Trump a fait savoir aujourd’hui qu’elle refuserait le prolongement des visas pour les étudiants étrangers dont les universités feraient le choix de mettre en place des cours en ligne. Une mesure scandaleuse et raciste, qui accentue la précarité pour ces jeunes, dont l’avenir devient pour le moins incertain.

mardi 7 juillet

Crédit photo : SAUL LOEB / AFP

Ce lundi 6 juillet, le gouvernement Trump a annoncé qu’il refuserait aux étudiants étrangers des universités ayant fait le choix de mettre en place des cours en ligne, leurs visas. De fait, avec la crise sanitaire, de nombreux campus ne rouvriront pas aux États-Unis, celle de Harvard ou de l’État de Californie par exemple. Le bilan du coronavirus s’élève aujourd’hui à près de 133 000 morts et 3 millions de cas et la situation ne semble pas s’améliorer. Un état de fait intimement connecté à la politique négationniste et irresponsable de Trump face à la crise sanitaire et à l’obsession de maintenir l’économie en route.

Sous couvert de la crise, qui empêche de faire se tenir normalement les cours, le gouvernement de Trump prépare l’expulsion des étudiants étrangers. La police de l’immigration et des douanes a ainsi expliqué dans un communiqué qu’elle ne « donnera pas de visas aux étudiants inscrits dans des programmes intégralement en ligne à l’automne et les garde-frontières ne les laisseront pas entrer sur le territoire ». Par ailleurs, les étudiants étrangers déjà sur le territoire « doivent quitter le pays ou prendre d’autres mesures, comme s’inscrire dans une école avec des cours en présentiel pour conserver leur statut légal », sinon ils pourront « faire face à une procédure d’expulsion ».

Comme l’a dénoncé Bernie Sanders : « Les étudiants étrangers se retrouvent à devoir choisir entre risquer leur vie dans des salles de classe ou se faire expulser ». Ainsi, ils sont face à une situation d’incertitude très profonde sur leur avenir, et possiblement de grande précarité. De fait, il n’est pas sûr qu’ils pourront suivre correctement leurs études depuis leurs pays d’origine pour certains, ni même qu’ils puissent rentrer étant donné les restrictions liées à la crise. Ce sont près de 1,2 millions d’étudiants, en études académiques ou formations professionnelles, qui seraient concernés, obligés de trouver une autre solution dans les plus brefs délais ou de s’inscrire dans une université avec des cours en présentiel, comme le propose ironiquement le gouvernement.

Choisir entre sa santé et ses études, voilà ce qu’on leur demande. Mais surtout il s’agit là d’un moyen de passer une attaque raciste très importante sous prétexte de la crise sanitaire. Après avoir remis en cause l’émission des cartes vertes pour les étrangers, Trump s’attaque désormais aux jeunes pour avancer son programme anti-immigration à l’orée des élections. D’autant plus que Trump cherche à mettre la pression pour la réouverture du pays et la relance de l’économie.

En France également, le Conseil d’État a entériné la mise en place des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers à l’Université. De fait, la crise sanitaire et économique est un moyen pour les gouvernements d’accélérer la mise en place de mesures réactionnaires et les coupes budgétaires. Les premiers face à la crise seront les jeunes, qui vont retrouver face à des situations de précarité et d’incertitude pour leur avenir toujours plus importantes.




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