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Monde

La répression s'abat sur le mouvement ouvrier Tunisien

Tunisie. Après le Nobel de la paix, arrestation de 12 militants de la gauche radicale

Alors qu'un prix Nobel est décerné au Quartet du Dialogue National Tunisien qui blanchit les politiciens de l'ère Ben Ali, le gouvernement tunisien, appuyé par un état d´urgence déclaré au lendemain de l´attentat de Sousse en juillet dernier, s'enfonce de nouveau dans les méthodes de la dictature et vise le mouvement ouvrier.

jeudi 15 octobre 2015

En effet, ce samedi 10 octobre, 12 militants ont été condamnés à 8 mois de prison ferme. Leurs crimes ? Avoir participé à une manifestation organisée par l’Union des Diplômés Chômeurs (UDC), et avoir filmé ou photographié des manifestations. Des accusations d’autant plus ubuesques que l’un d’entre eux a été accusé d’avoir pris en photos une manifestation alors qu’il subissait une opération chirurgicale à l’hôpital de Sousse. Leur crime réel, aux yeux du régime ultra-libéral et répressif qui se met en place, c’est d’être des militants de la gauche radicale, plus particulièrement de la Ligue de la Gauche Ouvrière (organisation faisant partie du Front Populaire).

Dans un contexte de montée du mécontentement social, et d’une impopularité croissante, le gouvernement de coalition composé des islamo-conservateurs d’Ennahdha et de l’alliance des partis républicains laïcs hérités d’une recomposition des forces bénalistes, utilise tous les moyens dont il dispose pour fermer définitivement le cycle de contestation sociale ouvert en 2011. Derrière la menace terroriste et la loi d´exception qui fait suite aux attentats de Sousse, c´est bien le mouvement social que vise à faire taire le gouvernement. Tout cela est d’autant plus symbolique que le tribunal qui les a condamnés est celui de Sidi-Bouzid, ville qui a été le point de départ du processus révolutionnaire tunisien en 2011. Ce n’est pas pourtant la première condamnation de ce type.

D’autres jeunes sont poursuivis pour des actes commis en 2011, notamment à Foussana, dans la région de Kasserine, alors qu’une loi toujours en vigueur dépénalise les actes commis pendant la période révolutionnaire. Il est donc pour tous très clair qu’on poursuit des militants pour leur engagement politique. Tout cela tandis que le gouvernement de coalition Ennahdha (courant islamiste proche des frères musulmans) – Nidaa Tounes organise le blanchiment des criminels de l’ère Ben Ali, notamment à travers un projet de loi sur la « réconciliation » économique et financière.

« Tout changer pour que rien de change » et déjà revenir sur les maigres acquis démocratiques qui ont été concédés pour dévier le processus révolutionnaire de 2011. Avec en prime, le soutien de l´impérialisme de tout poil, et français en premier instance, et les bonnes grâces du comité Nobel qui a largement remercié l´UGTT, l´organisation patronale, la Ligue des Droits de l´Homme et l´ordre des avocats, d´avoir œuvré au maintien des intérêts des impérialistes et des bénalistes en Tunisie.

Toute notre solidarité est du côté des militants incarcérés, pour leur liberté et l’abandon de toutes les accusations portées contre eux.




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