^

Politique

Soutien à Farida

Twitter. Campagne réactionnaire contre Farida C.

Depuis la violente arrestation de Farida C. lors de la manifestation des soignants le 16 juin dernier, nombres de journalistes, personnalités ou responsables politiques se sont fendus de tweets de tous plus réactionnaires les uns que les autres contre la soignante.

jeudi 18 juin

Crédit photo : Raphel Lafargue / ACABPRESS.COM

Face aux violences policières manifestes, projetées sur le devant de la scène médiatique et dans les rues avec les marches contre le racisme et les violences policières, le déni n’est plus de mise. Mais pour les réacs, tout est bon encore pour défendre les flics. Dernier exemple en date : Farida, une infirmière violement interpellée le 16 juin, tirée par les cheveux et mise en garde à vue, se voit être l’objet d’une campagne de tweets visant à la dénigrer et à la décridibiliser. La stratégie de l’attaque personnelle et de la diffamation sert ici encore de caution aux violences systématiques de la police.

Entrée en matière fracassante avec le tweet de Michel Mompontet, ancien journaliste sur France 2, qui joue au débunkeur de fake news : « C’est 1 infirmière. FAUX. Elle a eu le Covid mais à continué à travailler. FAUX. Ce flic la tire par les cheveux. FAUX (c’est son sac). Ne milite dans aucun parti FAUX (LFI) ». Se faisant le relai de Jérôme-Olivier Delb, membre du Printemps républicain, qui prétend que le pass porté par Farida n’est pas celui d’une infirmière afin de dé-légitimer la colère des soignants lors du 16 juin dernier. Il reprend également Jérôme Godefroy et le député macroniste Eric Delannoy, qui prétendent que Farida n’est autre que la candidate France Insoumise Farida Amrani, ainsi qu’une dangereuse « militante syndicale », alors même qu’elles ne se ressemblent pas, tout cela afin de rendre son profil sulfureux, comme si la France Insoumise incarnait la subversion... Quand aux cheveux tirés, il suffit de regarder la vidéo de l’interpellation de l’infirmière pour s’en rendre compte. Toutes ces « informations » ont été formellement démenties depuis.

La palme du tweet le plus fumeux revient cependant au membre du bureau national du RN, Jean Messiha, qui nous livre un raisonnement dont la cohérence logique nous échappe mais qui fait très bien l’affaire pour minimiser les violences policières : « Une femme en blouse blanche tirée par les cheveux durant une interpellation finira le visage en sang durant la manifestation de #soigants aux Invalides. C’est pas #AssaTraore ni une quelconque « racisée ». C’est une Blanche donc #Castaner ordonne de cogner sans ménagement... ». Mais où veut donc en venir ce responsable du RN ? Les flics tapent fort sur tout le monde donc il n’y a pas de racisme dans la police ? Les Blancs sont davantage victime que les Noirs des violences ? On ne sait pas. En tout cas une chose est sûre, Farida est bel et bien une femme racisée et elle a bel et bien été violentée par une police aux ordres de Castaner.

Nombre de ces tweet ont été supprimés par leurs auteurs dès lors que de plus amples informations ont été disponibles sur Farida. Il n’en reste pas moins que leur impact est bien réel et que ces tweets s’inscrivent dans le cadre d’une campagne de minimisation et de justification des violences policières qui passe par la diffamation et la dévalorisation systématique de la parole des victimes.




Mots-clés

Twitter   /    Hospitaliers   /    Répression   /    Politique