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Politique

Nouvelle poussée liberticide ?

URGENT. Mediapart visé par une perquisition suite aux révélations sur Benalla

Benalla est libre, Mediapart visé par une tentative de perquisition. Ce matin, sur les coups de 11h, le parquet a ordonné une perquisition dans les locaux de Médiapart suite aux dernières révélations sur Benalla. On y apprenait notamment le soutien total de Macron à Benalla ainsi que les liens de Benalla avec des contrats mafieux russes. Selon Franceinfo, le procureur n'exclut pas de revenir à la charge avec un mandat du juge des libertés et de la détention.

lundi 4 février

 
Ce matin, Mediapart l’annonce sur son fil twitter : deux procureurs et trois policiers se sont rendus dans les locaux pour une perquisition – refusée par le journal. Ces sont les enregistrements récemment révélés concernant l’affaire Benalla qui sont visés. Dans un tweet, Mediapart précisait : « URGENT. Deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner ce matin, à 11h10, les locaux de Mediapart dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M.Benalla suite à nos révélations de la semaine dernière. »

 
En effet, Mediapart avait publié jeudi dernier de nouvelles données concernant l’affaire Benalla, dont des enregistrements révélant le soutien sans faille dont a joui Benalla, y compris au plus haut sommet de l’Etat avec Macron lui-même, mais aussi la réalité de son implication dans l’affaire du contrat russe avec un oligarque proche de la mafia, ou encore que l’ancien chargé de mission de l’Elysée a enfreint son contrôle judiciaire en rencontrant Vincent Crase. Des révélations de Mediapart qui permettent ainsi d’ajouter de nouveaux éléments au dossier – au demeurant déjà bien lourd – de Benalla.

Après les perquisitions du siège de La France Insoumise, c’est Mediapart, un journal d’investigation en ligne, qui est visé par une perquisition, notamment pour « atteinte à la vie privée de M.Benalla ». Si pour l’heure ce ne sont pas encore des hordes de policiers qui imposent une perquisition, comme cela a été le cas pour Mélenchon, il est évident que cette tentative de perquisition sur un média, ici Médiapart, et concernant notamment ses sources, est un acte sans précédent visant la liberté de la presse. Comme l’explique Médiapart : « C’est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit — et particulièrement grave — dans l’histoire de Mediapart. »

De la perquisition de La France Insoumise, à la loi « anti-casseurs » et ses interdictions administratives de manifester, cette tentative de perquisition est à dénoncer avec force, comme une intimidation qui vise en dernière instance non seulement les droits de la presse, mais représente aussi une tentative d’attaque contre les droits démocratiques. 




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