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Le mur de la honte

USA. Le Pentagone débloque 1 milliard de dollars pour financer le mur de Trump

Le Pentagone a annoncé qu’il allait débloquer 1 milliard de dollars pour financer la construction du mur de Trump à la frontière mexicaine, décrétant « l'urgence nationale à la frontière sud ». Un revirement à la faveur du président et de sa politique liberticide, raciste et réactionnaire.

mardi 26 mars

Sorti relativement blanchi pour le moment autour de l’affaire de l’ingérence russe dans sa campagne, et dont le rapport d’enquête vient de le déclarer « non coupable », Trump profite de sa position de force pour repartir à l’offensive. « Donald Trump est dans une excellente passe, écrit le journal l’Opinion. Après avoir été partiellement blanchi par le procureur spécial Mueller dans l’enquête sur l’ingérence russe, c’est au tour du Pentagone de donner un coup de pouce au président américain. »

Tandis qu’à l’internationale il réaffirme ses thèmes de prédilection, en particulier en ce qui concerne son soutien sans faille à l’État criminel et colonialiste d’Israël, il profite de cette « excellente passe », qui reste néanmoins précaire, le président étant poursuivi par nombre d’autres affaires judiciaires, pour faire passer ses promesses de campagne les plus emblématiques… et les plus réactionnaires.

En effet, en s’appuyant sur un article du code des Etats-Unis qui « autorise le ministère de la Défense à construire des routes et des barrières et à installer des éclairages pour empêcher [...] le trafic de drogue transfrontalier », le Pentagone a débloqué 1 milliard de dollars pour construire le mur de Trump à la frontière mexicaine.

La question migratoire, au coeur d’un long bras de fer entre le président nord-américain et les démocrates, avait conduit à plusieurs shutdown – c’est-à-dire l’arrêt des financements des ministères importants (Sécurité intérieure, Justice, Commerce, Transports, Trésor, Intérieur…).

Afin d’appliquer sa mesure phare malgré les fortes oppositions, il avait décidé en février dernier de contourner le Congrès (qui s’est encore récemment opposé au financement du mur avec le soutien de 12 sénateurs de son propre camp) en décrétant une « procédure d’urgence nationale » puis en usant pour la première fois de son mandat de son droit de véto le 15 mars.

C’est donc dans ce contexte que Trump s’est attiré le soutien non-négligeable du secrétaire par interim du département de la Défense, Patrick Shanahan. Cet homme d’affaires ayant fait ses armes chez Boeing, parachuté à la tête du Pentagone après le départ de l’ancien ministre Jim Mattis, a déclaré dans un communiqué : « J’ai décidé d’entreprendre […] la construction d’un mur de 91 km de long et de 5,5 m de haut, de construire et de réparer les routes et d’installer des éclairages comme requis ».

Un communiqué faisant suite à la demande du ministère de la sécurité intérieure (DHS) de construire un mur dans la région d’El Paso (Texas) faite au Pentagone, « autorisé à se coordonner directement avec le DHS et les gardes-frontières pour entreprendre la planification et la mise en œuvre de ce projet à hauteur d’un milliard de dollars ».

Cette annonce, dans la foulée de la procédure d’urgence nationale et du véto de Trump, a suscité l’indignation des Sénateurs démocrates. L’ingérence du département de la Défense en faveur de la politique liberticide, raciste et anti-migrants de Trump est une véritable aubaine pour ce dernier, à l’heure où les candidatures pour les prochaines élections présidentielles commencent à se déclarer.

Néanmoins, il semble tôt pour que Trump puisse encore crier victoire de si tôt. Qu’il s’agisse de l’affaire de l’ingérence russe notamment, bien que le président clame triomphalement son innocence, la porte reste ouverte pour que les démocrates puissent ouvrir d’autres accusations – quoi qu’aucun ne soit assez sérieux pour mener de façon crédible une procédure d’impeachment.

Plus encore, l’ingérence du département de la Défense exprime les tendances à la crise organique et les luttes internes au sein de la bourgeoisie, effet autant que cause des division internes à la classe dirigeante et l’appareil d’état.

Si Trump bénéficie à coup sûr d’une bonne passe, les contradictions sont loin d’être refermées et continuent de couver.




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