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Jeunesse

Vague de grève

USA. Les étudiants salariés de Columbia en grève pour les salaires et un accès aux soins

Ce mercredi 3 novembre, plus de 3 000 étudiants-salariés de l’université de Columbia (USA) ont débrayé pour exiger des salaires décents et l'accès aux soins. Alors qu’une vague de grèves traverse la principale puissance capitaliste, c’est une nouvelle lutte combattive qui s’ouvre dans l’une des plus prestigieuses universités du pays.

vendredi 5 novembre

Article initialement paru sur LeftVoice

Ce mercredi 3 novembre, plus de 3 000 étudiants salariés de l’Université Columbia (New-York), membres du syndicat United Auto Workers (UAW) ont interrompu leurs cours et dressé des piquets de grève autour du prestigieux campus pour la seconde fois de l’année. Après avoir dû lutter pendant 10 ans pour la reconnaissance par l’université de leur syndicat, ils se battent aujourd’hui pour faire entendre leurs revendications et obtenir de meilleurs contrats de l’université, ce que la direction de l’université refuse d’entendre.

Alors que, d’après le dernier bilan financier de Columbia présenté en conseil d’administration l’université aurait augmenté ses actifs de 20% pendant la pandémie, soit de 3,3 milliard de dollars, les étudiants salariés gagnent entre 6 000 et 19 000 dollars de moins que le salaire moyen de subsistance calculé par le MIT dans l’une des villes les plus cher du monde, New York. C’est pourquoi, cette grève menée par la section 2110 de l’UAW [la section qui regroupe les travailleurs des universités, des musées, des maisons d’éditions, etc] revendique en premier lieu une augmentation des salaires et l’accès à des prestations de soins complètes pour les travailleurs.

La réalité, c’est qu’à Columbia comme dans de nombreuses autres université du pays, les étudiants-salariés de l’université sont exploités. En les sous-payant et en leur refusant le droit de se syndiquer sous prétexte qu’ils sont étudiants, les université se servent de cette main d’œuvre corvéable et bon marché pour faire du profit. Pourtant ces travailleurs sont essentiels au bon fonctionnement de l’université et sans leur travail, de nombreux cours ne pourraient pas se tenir.

En ce sens, selon les estimation du syndicat, cette grève impactera plus d’un millier d’étudiants du premier cycle qui pourront voir leur cours suspendus, ce qui démontre à la fois le rôle essentiel de ces travailleurs et le poids de leur grève. Cependant, pour aller jusqu’à la victoire, il est essentiel que ces travailleurs ne s’isolent pas et au contraire se mettent en lien avec les étudiants et les enseignants de l’université.

Mais cette donnée essentielle ne semble malheureusement pas avoir été bien compris par la direction du syndicat qui, par ses méthodes bureaucratiques, permet à l’université de gagner du temps. Déjà en 2017, quelques temps après la reconnaissance officielle du syndicat par l’université, la direction de l’UAW avait accepté une clause de non grève en catimini, limitant ainsi considérablement le répertoire d’action des travailleurs et donc leur poids dans le rapport de force. Après avoir reculé sur ce point, la direction de l’UAW n’a eu de cesse de se montrer molle en ne proposant aucun plan de bataille combatif et à même de faire plier l’université. En ce sens, en 2018, alors que les grévistes étaient prêt à un combat s’étalant sur tout le semestre, la direction du syndicat a mis subitement fin à la grève, et même sans accord de fin de conflit avec la direction de l’université.

Dès lors, aujourd’hui, si les étudiants salariés de l’université de Columbia veulent aller au bout, ils devront aller plus loin qu’une simple grève symbolique qui n’affecte pas les résultats de l’université. En ce sens, il serait pertinent d’élargir le mouvement aux autres travailleurs de l’université et aux étudiants pour bloquer totalement le fonctionnement de l’université. Cela n’est pas impossible. En 2018, des centaines de professeurs avaient signé une pétition en soutien au étudiants-salariés, aujourd’hui ces mêmes professeur devraient aller plus loin et arrêter immédiatement leurs propres cours pour rejoindre avec leurs étudiants sur les piquets de grève. Aussi, la semaine dernière, des étudiants du premier cycle se sont joints aux étudiants salariés de l’université pour interpeler le président de l’université, Lee Bollinger, sur la « liberté d’expression et de la presse ». Ces étudiants pourraient continuer de soutenir la grève en organisant eux aussi des débrayage de masse et des manifestations.

Plus largement, il est nécessaire que d’autres syndicats de travailleurs de l’éducation dans toute la ville, mais aussi à travers le pays montrent leur solidarité avec cette grève des précaires de l’enseignement.

En réalité, une grève combattive dans l’une des plus prestigieuses université du pays pourrait jouer un rôle moteur dans la période alors que des grèves éclatent partout à travers les Etats-Unis. En effet, dans la première puissance capitaliste mondiale, on compte actuellement plus de 22 000 travailleurs sur les piquets de grève, c’est à dire au moins autant de personnes qui ont décidé de relever la tête et de se battre pour des salaires et emplois décents, pour pas que ce ne soit pas à notre classe de payer le prix de la crise.




Mots-clés

Grève   /    Précarité   /    Université   /    Etats-Unis   /    Jeunesse   /    Notre classe