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Politique

Un CRS promu après avoir arboré un blason nazi et malgré des accusations de racisme et de sexisme

Le journal Marianne révèle la promotion d’un CRS accusé d’actes sexistes et racistes, et suspendu provisoirement pour le port d'un blason nazi sur son casque en 2014, dans la brigade même où il avait été dénoncé.

mercredi 29 juillet

Crédit photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

D’après les faits relatés dans l’article, en 2014, une policière d’origine maghrébine dénonce les attaques sexistes et racistes dont elle fait l’objet dans sa brigade, c’est cependant la découverte d’un casque arborant le blason de la 12ème Panzer SS, une division nazie de la seconde guerre mondiale, qui entraîne une enquête administrative contre le policier en question. Le propriétaire du casque déclare qu’il ne connaît pas l’exacte signification de ce symbole, et sous prétexte de « ne pas être dans sa tête pour connaître le fondement de ses pensées », le brigadier n’est exclu qu’une quinzaine de jour avant de retrouver son poste comme s’il était parti en vacances. Quant aux accusation de racisme et de sexisme, elles sont balayées par l’institution policière.

Le Défenseur des droits pourtant, saisi par la plaignante, a reconnu les propos sexistes ainsi qu’une mise à l’écart de cette policière suite à sa dénonciation et a fustigé l’enquête administrative menée par l’institution policière. De même, le tribunal administratif de Dijon lui a donné raison en 2018, la considérant : « fondée à soutenir qu’elle avait été victime de faits de harcèlement et de discrimination (...) et que l’administration avait commis une faute en ne prenant pas des mesures appropriées pour préserver son agent », jugeant « cette faute de nature à engager la responsabilité de l’État ».

En dépit de ces faits avérés, toujours d’après le journal Marianne, le directeur général de la police Fréderic Veaux, signe le 30 juin 2020 la promotion brigadier-chef de ce policier « affich[ant] ouvertement des sympathies néo-nazies », selon les propos rapportés de l’avocate de la policière l’ayant dénoncé, dans cette même caserne de Jogny (Yonne) d’où il a été exclu. Le brigadier est en effet déclaré promouvable depuis 2014 d’après ses trois dernières évaluations et sa réussite aux examens professionnels.

Cette promotion met en lumière, l’influence de l’extrême-droite dans la police et apporte une nouvelle preuve de l’impunité policière. L’institution policière n’a de cesse de couvrir ce racisme systémique, comme elle le fait avec l’affaire du tribunal de Paris où, dans les cellules, le racisme et la maltraitance sont normalisés. De même qu’un drapeau confédéré au mur d’une caserne ou encore la publication de conversations Facebook ouvertement racistes en France en sont d’autres expressions.

Le racisme dans la police ne peut pas être combattu par quelques sanctions comme une exclusion de quinze jours, ce racisme n’est pas non plus l’affaire de quelques cas isolés. Le mouvement antiraciste massif de ces derniers mois a en effet mis en évidence le caractère systémique du racisme d’État et des violences policières. Et c’est l’institution policière dans son ensemble qui vise à garantir le maintien de l’ordre social, l’exploitation et les oppressions qui le caractérisent, qu’il s’agit de dénoncer.




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