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Notre classe

La précarité tue

Un agent technique d’un collège se suicide après avoir été expulsé de son logement

Ce mercredi matin, un agent technique du collège Maria-Casares a été retrouvé pendu au sein de son établissement. Il avait été expulsé de son logement en septembre dernier et s’était retrouvé obligé de vivre en secret dans son établissement, avant d’être découvert.

mercredi 13 novembre

Alors que vendredi dernier un étudiant s’immolait par le feu devant le Crous de Lyon, mettant en cause dans sa lettre de suicide la responsabilité des politiques gouvernementales qui l’ont plongé dans une extrême précarité, un agent technique du collège Maria-Casares à Rillieux-la-Pâpe, près de Lyon toujours, s’est pendu au sein de son établissement. Son corps a été retrouvé ce mercredi matin. Âgé de 60 ans, avait été expulsé de son logement en décembre dernier et, la veille de son suicide, un collègue à lui avait découvert qu’il vivait depuis son expulsion au sein de son établissement…

Cet acte n’est malheureusement pas un cas isolé. La précarité et la souffrance au travail ne cessent de broyer toujours plus de vies. Dans le monde du travail, et notamment au sein de l’éducation, les suicides se multiplient. Depuis la rentrée, ce sont 11 enseignants qui se sont donnés la mort. Le 23 septembre dernier, c’est le suicide de Christine Renon, et sa lettre de suicide qui a brutalement fait lumière sur les conditions de travail de plus en plus précaires dans lesquelles sont jetés les personnels d’éducation, entre manque de moyens, de personnels, pressions managériales…

Et dans les établissements, les agents techniques, employés par les Conseils généraux dans les collèges depuis la loi de décentralisation, font face à des conditions de travail encore plus précaires. Il y a trois ans, nous avions écrit à propos de la grève des agents techniques de différents établissements du 93 et mettions en avant la dégradation, années après années du fait de la multiplication des mesures austéritaires, de leurs conditions de travail. Au détriment de la santé du personnel, et alors que ces derniers occupent déjà des emplois pénibles, assurant des missions d’accueil, de restauration, d’entretiens des locaux et de maintenance. Salaires bas, manque de personnel, surcharge de travail, pressions managériales, multiplication des problèmes de santé, sont le quotidien des agents techniques, entrainant un épuisement accru chez eux. Et ce alors que leur travail et leurs souffrances sont constamment invisibilisés. Ce sont en effet les petites mains sans qui les établissements scolaires ne pourraient tourner, mais qui n’ont aucune reconnaissance de l’institution.

Ce nouveau suicide est une énième illustration brutale de la logique du système capitaliste, qui pousse à bout et tue les travailleurs. Il est aberrant qu’à l’âge de 60 ans, après avoir travaillé toute sa vie, qui plus est dans un métier non des moins pénibles, on soit encore obligé de trimer et d’aller au boulot se faire exploiter et être payé une misère qui ne nous permette même pas de nous loger dignement. Avec la casse des services publics, du code du travail, la réforme des retraites que le gouvernement tente de nous imposer, cette souffrance au travail et la précarisation croissante qui frappent tout un pan de la population ne vont cesser de s’aggraver et de détruire d’autres vies. Il faut qu’on mette fin à ce rouleau compresseur. Pour ça il faut s’organiser et instaurer un rapport de force à la hauteur. En ce sens, il est central que nous répondions tous, travailleurs, étudiants, retraités, à l’appel à la grève générale du 5 décembre prochain pour se battre contre la réforme des retraites, qui a pour objectif de nous imposer de travailler toujours plus longtemps et pour des pensions toujours plus basses. Mais avec la perspective que cette bataille ne soit que le début de l’offensive et d’un combat plus général contre l’ensemble de leur monde. Afin que plus jamais ce genre de situations ne se reproduisent.




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