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Notre classe

Contre les violences policières

Un an après, la famille de Cédric Chouviat appelle à une marche blanche pour exiger justice et vérité

Un an après la mort de Cédric Chouviat lors d’un contrôle de police filmé à Paris, sa famille appelle le 3 janvier à une marche blanche pour réclamer Justice et Vérité. En pleine lutte contre la loi Sécurité Globale, la famille exprime son ressentiment face au gouvernement.

mercredi 30 décembre 2020

3 janvier 2020 : Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans, est interpellé par la police. Accusé de rébellion, il est plaqué au sol, et victime d’une clé d’étranglement qui, comme Adama Traoré ou Georges Floyd a conduit à son asphyxie. Un an après sa mort, la famille, face à une justice qui défend bec et ongles les policiers, malgré les vidéos de son interpellation qui montre que Cédric ne se débat pas, appelle à une marche blanche le dimanche 3 janvier à 14h à Paris.

Dans la vidéo d’appel à la manifestation, Christian Chouviat, le père de Cédric, et Sofia Chouviat, sa fille, appellent au retrait de la loi Sécurité Globale : « sans appel à témoin, sans ces vidéos et témoignages, il n’y aurait jamais eu de justice pour Cédric » commence son père. « Elle prouve que mon père a subi une clé d’étranglement et un plaquage ventral » continue sa fille. Dans le contexte où le gouvernement souhaite interdire, par la loi Sécurité Globale, le fait de filmer les policiers dans l’exercice de leurs fonctions, la famille y voit la seule possibilité pour les familles de victimes de réclamer justice : « Grâce aux vidéos, aux images, il nous est resté un droit : le droit de filmer, de s’exprimer, et de dire la vérité, de contredire leurs mensonges, pour qu’il n’y ait plus d’impunité et pour obtenir justice  » explique Sofia à la caméra.

Une vérité plus que jamais difficile à obtenir : alors que le procès est encore en cours, les policiers ont tout fait pour minimiser leurs gestes qui ont conduit à la mort du livreur, expliquant qu’ils n’avaient pas entendu les cris de Cédric, qui avait pourtant répété à sept reprises « j’étouffe ». Sans jamais remettre en cause l’arrestation, ni même les clés d’étranglement, les policiers se sont réfugiés derrière le fait qu’ils seraient « stressés » ou « en retour de vacances ». De plus, alors qu’ils affirmaient que Cédric les avait insultés de « clown » au début de l’affaire, les policiers ont retiré cette partie de leur histoire. Une preuve de plus s’il en fallait que sans les images et vidéos que les avocats de la victime ont pu récolter, témoignages qui n’auraient pas pu être collectés avec la loi Sécurité Globale, les mensonges policiers se seraient imposés.

« On faisait confiance à la justice et au gouvernement. Mais avec la loi Sécurité Globale, je me pose la question qui veut-on protéger : les victimes ou ces policiers ? Plus le temps passe, plus le gouvernement nous prouve qu’il veut protéger ces agresseurs, ces policiers qui ont un comportement honteux qu’on doit dénoncer » finit Sofia Chouviat, avant d’appeler à une marche blanche dimanche prochain. Pour Cédric comme pour toutes les victimes des violences policières, Révolution Permanente appelle à participer à cette marche, pour la justice et la vérité, contre la loi Sécurité Globale. Rendez vous donc dimanche 3 décembre à 14h, place de l’Uruguay à Paris




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