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Politique

Pour l'exemple ?

Un boulanger condamné à 70 heures de TIG pour avoir refusé un café à un policier

Lors de l’Acte XII des Gilets Jaunes le 2 février, un boulanger exige des policiers qu'ils rangent armes et cagoules avant de rentrer dans sa boulangerie. Selon un témoignage, un street médic blessé se trouvait à l’intérieur de l’établissement. Le boulanger a été placé en garde à vue ce mardi matin et a écopé de 70 heures de travaux d’intérêt général (TIG).

samedi 16 février

D’après une scène filmée dans la boulangerie Maison Landemaine, en marge de l’Acte XII des Gilets Jaunes le samedi 2 février à Paris, un employé a refusé l’entrée de policiers cagoulés et armés, selon les témoignages recueillis par Le Parisien. Dans la vidéo, l’échange entre le boulanger et le policier tourne autour du port d’arme. Le boulanger conditionnait l’entrée des policiers à l’établissement au rangement des armes et cagoules.

Mardi 13 février, l’employé de la boulangerie a été placé en garde à vue pour « refus de vente et outrage sur personne dépositaire de l’ordre public » et jugé mercredi dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il a été condamné à 70 heures de travaux d’intérêt général.

On comprend mal l’urgence pour la Justice de réparer le dommage causé à ce policier privé de caféine. On ne se souvient pas non plus de condamnations du même genre pour des enseignes ayant refusé l’accès à leur établissement à des personnes ne présentant pas le profil type du consommateur – comme des SDF par exemple.

Un délégué d’Alliance police Paris nous livre sans doute le fond de l’affaire :« c’est choquant de vouloir nous mettre au même niveau que les casseurs » répond-il suite au communiqué de la boulangerie qui affirme vouloir « préserver l’atmosphère calme » lorsque l’employé demandait aux policiers et manifestants de ranger leurs armes et d’ôter leurs cagoules.

Dans la veine de Castaner qui s’était senti blessé par un slogan, ce qui est choquant pour Alliance n’est pas la mutilation des manifestants... mais d’être comparé à des gilets jaunes. L’affaire Bénalla, dont le héros éponyme se dort la pilule au soleil, alors même que Christophe Dettinger a déjà été jugé et condamné à un an de prison, rappelle l’actualité d’une justice à plusieurs vitesses. La condamnation du boulanger nous montre que la bourgeoisie est prête à franchir de nouveaux paliers.




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