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Crise économique

Un contrat de 1,3 milliard d’euros pour Dassault : crise pour l’aviation civile, mais pas pour le militaire

Alors que la crise économique s'approfondit avec, notamment, les menaces de licenciement et la grève en cours à Toray, un sous-traitant de l’aéronautique, arrive l’annonce d’un contrat de 1,3 milliard d’euros pour Dassault. Il s’agit de renouveler la flotte de Falcon 200 utilisée par la Marine pour des missions de surveillance. Après le contrat de 2 milliards d’euros pour fournir des Rafales à la Grèce en septembre, force est de constater que l’aéronautique militaire, contrairement au civil, ne connaît pas la crise. À croire que les armes sont une production essentielle pendant la crise sanitaire et économique.

jeudi 19 novembre

Crédits photo : Crédit photo : Zone Militaire opex360

Florence Parly, la ministre des armées a annoncé un nouveau contrat de 1,3 milliard d’euros pour l’avionneur Dassault afin de remplacer la flotte de surveillance de la marine composée de Falcon 200. Au total, une douzaine d’avions sera achetée afin de remplacer la flotte actuelle de jets. Pour Dassault, ce contrat fait suite à l’achat par la Grèce de Rafales pour 2 milliards d’euros.
De toute évidence, l’aéronautique militaire ne souffre pas de la même crise que l’aéronautique civile, qui frappe de plein fouet Airbus et ses sous-traitants depuis le premier confinement. Airbus a notamment annoncé la suppression de 150 000 postes. Parmi les sous-traitant d’Airbus, on peut citer Derichebourg dont l’Accord de Performance Collective avait causé une grève en juin dernier ou encore Toray dont où les travailleurs ont lancé une grève examplaire pour empecher les licenciements.

Le secteur militaire est, quant à lui, alimenté par les commandes publiques françaises, mais aussi par d’autres États, dernièrement la Grèce, dans un climat de tension avec la Turquie voisine. Comme l’ont rappelé des députés dans un rapport, l’industrie militaire française dépend pour sa survie des exportations mais aussi des commandes comme celle que Florence Parly vient d’annoncer.

Le maintien d’un impérialisme français relativement indépendant des États-Unis (et donc permettant des opérations unilatérales comme l’opération Barkhane) nécessite une industrie de l’armement et en particulier d’avions militaires. Ce n’est ni une hypothétique « sauvegarde des emplois » ni l’utilité qui dirigent ce genre de décisions, mais bien la continuation d’une situation internationale héritée de la colonisation. Dans cette optique, l’aéronautique civile n’a pas la même utilité.

Dans la période actuelle marquée par la crise sanitaire et la crise économique, il est urgent de réorganiser la production vers les besoins essentiels et réels de l’ensemble de la population. Avec 8 millions de personnes en précarité économique, cette commande montre quelle classe est aux commandes de l’État et quelles sont ses priorités.




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