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Un fichier révèle que la majorité des établissements scolaires contiennent de l’amiante !

Alors que la mobilisation des enseignants et lycéens est massive, une enquête vient mettre en lumière un nouveau scandale qui n’est qu’une confirmation : une grande partie des bâtiments scolaires construits avant 1997 contiennent de l’amiante.

lundi 10 février

Collège Versailles, à Marseille. Crédits Photo Bertrand Langlois. AFP

C’est en effet un nouveau scandale qui sera difficile à assumer pour le ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer. Les enseignants sont mobilisés pour la défense d’un Enseignement public et notamment contre les épreuves d’E3C, dénonçant par-là leurs conditions de travail de plus en plus précaires à cause des politiques austéritaires des gouvernements qui se sont suivis, et les lycéens refusent de passer les épreuves d’un Baccalauréat dont la valeur nationale est détruite, ne leur promettant qu’un avenir de précarité. Dans ce contexte, la révélation de cette enquête menée par l’ONS (Observatoire National de la Sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement) en 2016 pourrait bien faire exploser la colère qui s’exprime déjà partout en France.

Source : enquête menée par l’ONS en 2016, publiée par Libération

L’amiante : danger mortel

L’amiante est un matériau qu’on trouve dans les faux plafonds, le long des tuyauteries, sur des poutres porteuses en fer, ou bien dans la colle des dalles de sol. Or celui-ci est toxique, son inhalation peut être à l’origine de maladies pulmonaires, de cancers, etc. Selon l’enquête qui a sondé 20 000 établissements - ce qui en représente seulement un tiers (tous degrés confondus) - une grande majorité en contient toujours, notamment ceux construits avant 1997, date à laquelle l’amiante a été interdit. Ainsi, selon les chiffres partiels dont on dispose et leur non-actualisation, ce sont 80% des lycées professionnels, 77% des lycées généraux et technologiques, 73 % des collèges et 38 % des écoles, qui présentent le risque de l’amiante pour les personnels et élèves. Vous pouvez consulter la Carte interactive des établissements amiantés réalisée par Libération. Les risques sont considérables : chaque année, au moins 20 professeurs et personnels contractent un mésothéliome pleural, cancer de l’amiante, selon une récente étude de Santé publique France. Les maladies ne se manifestent que trente à quarante ans après l’exposition, ainsi d’ici à 2025, l’amiante pourrait provoquer 100 000 morts en France, en majorité d’anciens ouvriers de l’industrie.

Pas de légalité pour une justice de classe

Depuis 2001 les DTA (Dossier Technique Amiante) sont obligatoires et doivent être actualisés tous les 3 ans. Pourtant ces dossiers restent inexistants pour de nombreux établissements en France. Parmi les 70% qui ont en effet un DTA, les visites remontent à plus de trois ans ! De plus 145 DTA qui traînent parfois depuis plus de dix ans établissent la nécessité de faire des travaux. Mais aucuns travaux n’ont été réalisés dans la plupart des cas et quand il y en a eu, les conditions de sécurité pour les travailleurs étaient bien loin des normes de la loi !

L’enquête de l’ONS n’a donc jamais eu de suite réelle. Il semble que les lois ne s’appliquent pas à ceux qui les font et les régissent. Si les travaux n’ont pas été réalisés, c’est bien que les classes dominantes n’y voient pas leur intérêt. Alors que les politiques néolibérales cherchent à privatiser l’Enseignement, réduisant drastiquement les budgets publics qui pourraient financer lesdits travaux, la priorité n’est pas à la santé publique mais au profit. Quand on regarde précisément ce sont bien les classes populaires et les enfants d’ouvriers qui sont les plus concernés par le risque amiante.

On n’a donc rien à attendre du gouvernement, seule la mobilisation générale des enseignants et élèves, organisés avec l’ensemble des autres secteurs, pourront établir un rapport de force qui oblige une véritable mise en place des travaux nécessaires et l’investissements de fonds publics dans ces derniers !




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