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Du Pain et des Roses

Sexisme et impunité policière

Un gendarme harcèle sexuellement des femmes, il est seulement muté et suspendu 6 mois

Un gendarme de la Drôme a été jugé cette semaine pour avoir harcelé sexuellement une dizaine de femmes dont il avait collecté les numéros durant l’exercice de ses fonctions. Dans 6 mois, il pourra reprendre son poste dans un autre département.

jeudi 24 septembre

Crédit Photo : Archives Ouest France

Jugé cette semaine par le tribunal de Valence, un gendarme de la Drôme avait pris l’habitude de collecter les numéros de téléphones de femmes venues au commissariat déposer plainte, étant auditionnées dans le cadre d’une enquête, ou même de certaines sortant de garde à vue, pour les harceler sexuellement. Le gendarme pouvait, selon Actu17, envoyer environ 300 messages par semaine à ces femmes. Des messages qui contenaient des propositions sexuelles, et jusqu’à des photos sexuellement explicites que les destinataires n’avaient pas consenties à recevoir.

Après avoir harcelé de cette manière une dizaine de femmes, le gendarme n’a subi comme conséquences qu’une mutation dans un autre département, 6 mois de sursis, et une suspension de 6 mois. Son harcèlement dans l’exercice de ses fonctions est un exemple de plus des abus de pouvoir que s’autorisent les représentants de l’institution policière, et entre dans la lignée des nombreux exemples de violences sexistes et racistes commises par la police.

La réponse du système judiciaire aux actions de ce gendarme est, quant à elle, révélatrice de l’impunité dont bénéficie la police : la seule réponse dont est capable l’institution judiciaire à la violence sexiste de ce harcèlement par un gendarme est de déplacer le problème dans un autre département. Le harceleur continuera également en toute impunité, passé sa suspension, à exercer ses fonctions.

À l’heure où ont éclatés,des mouvements contre les violences policières, et contre le traitement judiciaire des victimes de ces violences (à l’image de l’acharnement contre la famille Traoré), le harcèlement dans l’exercice de ses fonctions puis l’impunité de ce gendarme de la Drôme démontrent une fois de plus que les institutions policières et judiciaires ne sont pas dans le camps des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.

Il n’est plus possible aujourd’hui d’envisager une réponse judiciaire et policière à ces violences, et de remettre entre les mains d’un État et d’un gouvernement qui promeut un ministre accusé de viol la vie des victimes de violences sexistes et sexuelles. Les mouvements contre le racisme et les violences policières et les vagues #MeToo qui ont fait trembler les élites politiques montrent au contraire la possibilité d’un mouvement féministe qui dénonce l’État bourgeois et ses institutions policières et judiciaires comme complices et parfois même responsables des violences sexistes et sexuelles.




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