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Politique

Violences policières

Un homme menotté se fait insulter, frapper et jeter au sol par des policiers à Neuilly

Dans la foulée de la dénonciation de la répression dans les quartiers populaires par la chanteuse Camélia Jordana, une nouvelle vidéo, prise à Neuilly et publiée par Cerveaux non disponibles, vient témoigner de ces violences policières.

jeudi 28 mai

Alors que les habitants et les habitantes des quartiers populaires sont la cible d’une répression policière quotidienne depuis des décennies, Christophe Castaner affirme que les propos de Camélia Jordana dénonçant ces violences sont « mensongers et honteux ». En se solidarisant « des hommes et des femmes en banlieue qui vont travailler tous les matins et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau », la chanteuse a ouvert la voie à une déferlante de Tweets de dénonciation des violences policières, qui se sont multipliés sous le hashtag #MoiAussiJaiPeurDevantLaPolice.

Une nouvelle vidéo de violences policières a été relayée sur les réseaux sociaux par Cerveaux non disponibles dans la nuit du 27 au 28 mai, venant tragiquement appuyer le propos de Camélia Jordana.

La scène se déroule à Neuilly-Sur-Marne, on peut y voir un homme noir, menotté, se faire insulter, frappé, jeté au sol puis écrasé par des policiers, avant d’être embarqué.

Depuis le début de la crise sanitaire, la répression s’est brutalement accentuée dans les quartiers populaires, notamment durant le confinement, pendant lequel 12 personnes sont mortes à la suite d’un contrôle policier. À la sortie du confinement, Libération faisait état d’un taux de verbalisation bien supérieur à la moyenne nationale dans les quartiers, et notamment en Seine-Saint-Denis, qui a concentré 10 % des verbalisations sur tout le pays. Ces violences ont donné lieu à des révoltes populaires dans de nombreuses villes comme Villeneuve-la-Garenne ou encore très récemment à Argenteuil.

La multiplication de ces violences a démontré que l’institution policière est nécessaire au maintien de l’ordre social dominant, toujours plus inégalitaire. En effet, les habitantes et les habitants des quartiers populaires sont victimes de ces violences d’État et de l’arbitraire policier, mais ils se trouvent également en première ligne face à la précarité. En Seine-Saint-Denis par exemple, le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté est deux fois supérieur à la moyenne nationale. Et plutôt que de chercher à résorber ces inégalités, le gouvernement et sa police cherchent à les imposer par la force.

Dans un contexte où le chômage et les inégalités sociales vont s’aggraver avec la crise, au même titre que les violences policières, il est plus que jamais essentiel de combattre cet arbitraire policier et ce racisme d’État. D’autant plus à l’heure où les projets de lois liberticides se multiplient, à l’instar de celui déposé par le député des Républicains Eric Ciotti, et qui vise à interdire à la diffusion d’images de policiers.




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