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Vu sur La Relève et La Peste

Un homme peut empêcher sa femme d’avorter, la nouvelle loi adoptée aux Etats-Unis

Le gouverneur de l’Arkansas vient de signer un texte anti-avortement qui permet aux hommes (père, mari, tuteur…) d’empêcher la femme concernée d’avorter, sous peine de poursuites judiciaires. 14 février 2017 / par Diane Deswarte Source de l'article

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Une reconnaissance bien fragile

En 1973, l’avortement aux Etats-Unis a été reconnu comme droit constitutionnel. Pourtant, les collectifs « pro-life » et ses détracteurs continuent constamment de remettre ce droit en question. Depuis l’arrivée de Trump, les gouverneurs des Etats gagnent de plus en plus en indépendance, ce qui leur permet de se plier à leurs propres volontés ou à celles de lobbies qui les orientent. Dès le début de sa campagne, Donald Trump s’est positionné comme un « pro-life » et a profité de ses quelques semaines de folie signataire pour couper les budgets des ONG internationales sensibilisant l’IVG.

Trois pas en arrière en Arkansas

Le gouverneur républicain de l’Arkansas Asa Hutchinson a donc signé une loi intitulée Act 45 – Unborn Child Protection From Dismemberment Abortion Act. Cette loi permet à un époux, un tuteur ou un parent d’empêcher la femme concernée d’avoir recours à une IVG sous peine de poursuites judiciaires contre elle et son médecin. Cette loi, en plus d’être patriarcale, peut pousser les dérives très loin. En effet, une femme majeure serait dans ce cas considérée comme une femme mineure sous l’autorité de son mari. De plus, les exceptions concernant l’inceste ou le viol conjugal ne sont absolument pas prises en compte : nous vous laissons imaginer la suite.

12 semaines

Cette même loi rend également illégale les avortements de second trimestre, soit après 12 semaines de grossesse. Dans ce cas, c’est le procédé d’avortement qui est remis en cause par les défenseurs de la loi, qui l’ont bien stipulé dans le nom de celle-ci avec un mot qui fait bien peur « Disememberment Abortion ». Ce nom barbare fait référence au fait qu’après un certain délai de gestation, la procédure la moins invasive et la plus sûre est appelée procédure de dilation et d’évacuation (DE). Sarah Ditum, journaliste pour The Independent est estomaquée « c’est l’Etat entier qu’on attrape par la chatte avec cette loi qui instaure l’infériorité des femmes ». Ce texte de loi s’ajoute à point nommé pour les partisans de la cause pro-life à une législation préexistante imposant un délai de réflexion, une consultation psychologique et une limite de 20 semaines. Si l’Union Américaine des Libertés Civiles (ACLU) a annoncé sa contestation imminente face à ces mesures, les pions bien placés de Donald Trump peuvent enrayer la procédure.

Rejouer une partie qui était pourtant gagnée

Le droit des femmes est une guerre de longue haleine, chaque bataille gagnée n’est jamais acquise et Donald Trump nous le rappelle un peu plus chaque jour. Par cette loi, il nie quasiment l’identité de la femme face à celle de l’homme qui aurait un droit sur son corps, sur sa vie. Ce qui se passe est un recul de plusieurs dizaines d’années, un grand saut en arrière qui inquiète les femmes du monde entier. Si les Etats-Unis étaient considérés par certains comme des pionniers du droit des femmes, les citoyennes vont devoir se battre durant le mandat de la mèche blonde qui change des vies de manière arbitraire à chaque coup de stylo.


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