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Politique

La police tue

Un homme tué par la police à Aulnay : nuit de révoltes à Sevran et Aulnay-sous-Bois

Après le décès d’un jeune sevranais, tué par un policier après un contrôle de la BAC samedi dernier, des révoltes ont éclaté dans plusieurs quartiers de la banlieue parisienne. Une expression de la colère qui gronde face aux violences policières dans les quartiers populaires.

lundi 28 mars

Crédit photo : Capture d’écran vidéo Twitter Clément Lanot

[Actualisation le 29/03/2022 à 17h30 : la presse précise l’identité de l’homme tué, prénommé Jean-Paul. Elle rapporte également que la camionette "volée" appartenait à l’employeur de l’homme, qui l’avait conservé dans le cadre d’un différend avec son patron qui lui devait de l’argent. Ce dernier l’avait alors déclaré "volée" donnant lieu au drame.]

Depuis samedi soir, des jeunes de plusieurs quartiers populaires parisiens sortent dans la rue après la mort d’un père de famille de la cité des Beaudottes à Sevran, tué par la police lors d’un contrôle à Aulnay-Sous-Bois.

Au Gros-Saule (Aulnay), aux 3000 (Aulnay) et aux Beaudottes (Sevran) le week-end a été marqué par des feux de poubelles et de plusieurs véhicules, ainsi que des tirs de feux d’artifices en direction de la police.

Des manifestations de colère réprimées avec l’arrestation de six personnes dans la nuit de dimanche à lundi. Une répression à laquelle se sont ajoutées les sorties de l’extrême-droite, Marine Le Pen et Eric Zemmour s’empressant d’apporter leur soutien "total" aux "forces de l’ordre".

Or, si des quartiers s’embrasent une nouvelle fois, c’est que la police a encore tué. L’histoire dramatique rappelle de nombreux cas similaires. Selon Le Parisien, la police avait été avertie du vol d’une camionnette vers midi qu’elle aurait repéré à un feu rouge à Aulnay-sous-Bois. Au moment où la police approche du véhicule, celui-ci aurait démarré brusquement et un agent de la BAC aurait alors tiré.

Les raisons du tir « demeurent floues à ce stade » affirme la police, dont le récit est à prendre avec des pincettes tant on connaît sa propension à mentir dans ce type d’affaires. Quelques heures plus tard, le conducteur de 32 ans décédera de sa blessure.

Notre solidarité va à la famille et aux proches de ce Sevranais tué ce samedi 26 mars. Son décès rappelle la mort de Souheil, adolescent décédé à Marseille dans des circonstances similaires et vient ajouter un nouveau nom à la tragique liste des victimes de la police, qui tue en toute impunité dans les quartiers populaires.

Alors que l’IGPN a été saisie, nous ne pouvons accorder la moindre confiance à cette institution qui ne cesse de couvrir les policiers. Seule la mobilisation permettra d’obtenir justice et vérité pour ce jeune homme, et l’ensemble des victimes des violences policières.



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