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Politique

Privatisation dans la santé

Un hôpital public du Maine-et-Loire en passe d’être privatisé ! Une première

C’est une première en France. L’hôpital public de Longué-Jumelles, lourdement endetté selon la cour des comptes, pourrait tomber dans le giron du privé puisqu’un groupe propriétaire d’EHPAD aurait émis une offre de rachat à hauteur de 18,5 millions d’euros. Cette annonce, passée pratiquement inaperçue, est un véritable coup de tonnerre. C’est la première fois qu’un hôpital public passerait aux mains du privé.

mardi 8 octobre

Crédits photo : my-angers.info

Contre la santé de tous, la privatisation est le véritable objectif des libéraux

Cela fait des décennies maintenant que les professionnels du secteur alertent sur la gestion désastreuse des hôpitaux. Selon eux, cette politique de saccage a pour objectif de rendre les privatisations indispensables et légitimes dans l’esprit de la population. Cette opération politique semble porter ses fruits puisque pour la première fois, un hôpital déclaré lourdement endetté par la cour des comptes pourrait être racheté par un groupe privé.

Pourquoi l’endettement des hôpitaux est un argument fallacieux

La privatisation doit répondre selon les autorités locales à un problème insoluble et grave : l’endettement gigantesque de l’hôpital. Rien n’y fait, la dette de cet hôpital serait insurmontable. Il faudrait, selon la cour des comptes, 117 ans pour le désendetter. Mais ce problème n’est-il pas un pur artifice de comptable ?

En effet, comment évaluer avec certitude ce que « produit » un hôpital ? Imaginons qu’un jeune enfant soit sauvé, comme cela arrive, d’une grave maladie. Ayant échappé à la mort, voilà que ce dernier va pouvoir, toute sa vie durant, travailler, produire, inventer etc. Or comment évaluer ce bénéfice ? Pour un gestionnaire capitaliste, cette opération n’aura « produit » qu’un maigre profit voire une perte sèche.

Pour la société néanmoins, elle aura été extrêmement bénéfique, tant au plan matériel que moral. De même, la tâche d’un hôpital public est de mettre en place un système efficace de prévention des maladies car mieux vaut éviter une maladie qu’avoir à la soigner. Or quel profit pourrait escompter le gestionnaire privé d’un tel service ? Aucun puisque son profit vient des soins qu’il effectue et non de ceux qu’il parvient à faire éviter. Pour le patron de l’hôpital privé donc : Mieux vaut guérir que prévenir !

La santé privée : plus chère et moins efficace

Les travailleurs de l’hôpital peuvent craindre pour leurs conditions de travail puisque rachat de dette implique toujours, dans la tête d’un opérateur capitaliste, augmentation de l’exploitation, réduction des couts et augmentation des cadences.

Pour la population, la privatisation rime toujours avec augmentation des tarifs des soins. Contre l’idée selon laquelle le privé serait plus cher mais soignerait mieux, il est utile d’étudier quelques chiffres en matière de santé dans le pays champion de la privatisation : les Etats-Unis. Une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association démontre que les Etats Unis affichent les dépenses de santé les plus élevées parmi les pays riches (presque 2 fois plus), qui représentent 17,8 % de leur PIB contre 8,7 % en France tout en affichant l’espérance de vie la plus faible, 78,7 ans contre 82,2 ans en France. La privatisation n’est rien d’autre qu’un pillage de la population. La santé est un bien commun, qu’il s’agit de protéger de la voracité des intérêts privés !




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