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Société

Un jeune migrant sans-abri se suicide dans un parc à Strasbourg

Il s'appelait Habib, et selon ses compagnons d’infortune, il avait entre 21 et 27 ans. Il s’est donné la mort samedi, après avoir passé la nuit au téléphone avec les services d’hébergement d’urgence sans parvenir à trouver un toit.

jeudi 30 mai

Photo : PHOTO DNA - G. L

C’est un autre sans-abri du campement du parc du Glacis qui a découvert le corps d’Habib, pendu à un arbre. La thèse du suicide ne fait aucun doute pour les enquêteurs. Selon les autres habitants du campement situé à proximité de la gare de Strasbourg, Habib était un réfugié afghan, arrivé en France il y a un peu plus d’un an.

Comme une centaine d’autres sans-abris, il dormait depuis quelques mois dans un campement de fortune sans eau courante ni toilettes. La veille de sa mort, il cherchait d’ailleurs frénétiquement de l’eau auprès des autres résidents. “Le petit, il n’avait pas un euro pour pouvoir manger et boire”, témoigne Joseph, un SDF du campement.

"C’est l’Etat qui l’a tué"

Le jeune Afghan n’a pas toujours habité dans le campement du parc du Glacis. Habib s’était retrouvé à la rue après la restriction des capacités d’accueil de la halte Bayard, structure d’hébergement essentiellement financée par l’État, dont la politique criminelle fait une nouvelle victime.

“C’est l’Etat qui l’a tué, accuse Edson Laffaiteur, autre habitant du campement. Ce n’est pas un martyr, ce n’est pas un exemple, mais on ne veut pas que cette mort passe inaperçue.” Rien que dans ces deux derniers mois, trois tentatives de suicide auraient été dénombrées dans les campements.

Une victime de plus de l’Europe des frontières

Habib est une victime de plus de la politique migratoire criminelle de la France et de l’Europe. Une Europe des frontières et des barbelés qui n’a de cesse de tuer. En 2018, au moins 2260 migrants sont morts en tentant de traverser la Méditerranée. Mais une fois cette traversée de tous les dangers accomplie pour rejoindre l’Europe, terre de leurs « rêves » alors qu’ils fuient la misère ou les guerres, les migrants se retrouvent parqués dans des centres de rétention, ou, comme Habib, dans des camps de fortune avec des conditions inhumaines, au péril, une nouvelle fois, de leur vie.

Il y a un mois, le samedi 27 avril, à la prison de Grasse, un jeune ivoirien de 25 ans s’est donné la mort la veille de son expulsion. Désespéré, il a préféré le suicide au renvoi dans son pays d’origine. Combien de suicides, combien de vies brisées cette politique va-t-elle encore entraîner ?

Dans le soi-disant pays des droits de l’Homme, Macron pratique une politique tout aussi meurtrière que Salvini en Italie, et est dénoncé de toute part. Des ONG ont récemment attaqué la France en justice suite à l’annonce de la Ministre des Armées, Florence Parly, de faire don de six embarcations rapides françaises à la marine libyenne, dont on connaît la violence envers les migrants interceptés en mer, pour « lutter contre l’immigration clandestine ».

Habib n’avait pas trente ans et s’est tué de désespoir. La responsabilité de la France dans sa mort est écrasante. Face à ces vies humaines déchirées, et alors que des milliards sont dépensés pour les briser, la seule réponse possible est de revendiquer la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous. Honte à cette société qui traite moins bien les vies humaines que les capitaux et les marchandises !




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