^

Politique

Un journaliste syrien matraqué par un CRS pendant la Marche des libertés à Paris

Lors de la manifestation ce samedi à Paris contre la Loi Sécurité Globale, le journaliste syrien Ameer Al-Halbi a été violemment frappé par un CRS. Une répression qui illustre une nouvelle fois le "liberté de la presse".

mardi 1er décembre 2020

Samedi, lors de la manifestation contre loi Sécurité globale et les violences policières, le journaliste Ameer Al-Halbi, connu pour avoir couvert la révolution en Syrie puis le siège d’Alep, était en train de couvrir la manifestation pour l’AFP quand il a reçu un coup de matraque au visage. Une violence qui illustre une nouvelle comment le gouvernement entend protéger la "liberté de la presse". « Ça m’a rendu fou d’avoir l’image d’Alep à Paris. » a-t-il ainsi confié au journal La Croix.

Quelques minutes avant de se faire frapper, le journaliste était en train de photographier un manifestant violenté par un policier. L’instant d’après, pendant que les CRS chargeaient les manifestants, le journaliste s’est retrouvé bloqué entre les deux camps avec 4 de ses collègues. L’une d’eux, Gabrielle Cézard, a confié à France 24 que le groupe se serait rangé contre le mur en criant « presse, presse » comme il est d’usage dans ce genre de situation, mais un policier serait sorti de ses rangs spécialement pour lui asséner ce coup. Ameer Al-Halbi aurait été le seul des journalistes à prendre des photos compromettantes dans les secondes précédant l’événement, ont par ailleurs raconté ses proches pour un article du Monde. Cela montre bien en quoi consiste leur schéma de "maintien de l’ordre", à savoir viser les journalistes militants qui cherchent à dénoncer les violences policières pour contrôler les journalistes en exercice sur le terrain.

Plus tard il sera pris en charge par des street medic, mais encore là les CRS l’empêchent de sortir de la manifestation. Il restera 2h encore bloqué à Bastille avant d’avoir accès à l’hôpital. Une enquête administrative interne a été ouverte sur demande de l’AFP.

Encore une fois, ce genre de violence est symptomatique du traitement habituel dédié aux journalistes, et ce genre d’acte déjà récurrent - on pense à Remy Buisine à République la - pourrait bien être encouragé si la loi sur la Sécurité Globale passe bel et bien. D’où la nécessité de se mobiliser massivement contre l’intégralité de cette loi lors des échéances à venir afin de conserver nos droits démocratique que le gouvernement ne cesse de remettre en cause. Pour cela, après les annonces de Castaner sur la réécriture de l’article 24 qui n’ont pour but que de calmer la mobilisation, il est plus qu’important de s’organiser pour amplifier le mouvement qui vient d’effectuer un saut ce week-end, avec près de 300 000 manifestants en France.




Mots-clés

Loi sécurité globale   /    Répression policière   /    Manifestation   /    Répression   /    Politique