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Un masque pour toute la journée : « tu connaissais les risques » répond le directeur d’une clinique

Au sein des cliniques privées aussi le personnel soignant rencontre d’énormes difficultés pour se protéger du coronavirus. Des masques chirurgicaux non conformes pour se protéger sont utilisés pour l’intégralité d’une journée de service alors qu’ils périment au bout de 3H.

mercredi 18 mars

Nous avons reçu plusieurs témoignages de la part du personnel travaillant à la clinique Bordeaux Nord, qui nous font état de leur angoisse face à la crise sanitaire qu’eux aussi rencontrent. Alors que les cas positifs augmentent de jour en jour, des masques leurs seraient distribués au compte goutte. Samedi matin aux urgences, aucun personnel soignant des urgences n’était muni de masque réglementaire. Des masques chirurgicaux non conformes pour se protéger sont utilisés pour l’intégralité d’une journée de service alors qu’ils périment au bout de 3H. Une angoisse pour ceux qui sont en contact avec des patients présentant des symptômes de covid-19. C’est en menaçant leur direction de partir s’ils n’étaient pas équipés qu’ils ont reçu la visite d’un de leur manager leur exprimant sa solidarité (lointaine) tout en leur affirmant que lorsqu’ils ont choisit de faire ce métier, ils connaissaient les risques encourus.

Et des risques il y en a…

Depuis des jours le personnel soignant manipule des patients atteints du covid-19 sans protections appropriées. Tout est rationné nous disent certains d’entre eux. Tributaires de l’état malgré un statut « privé », certains membres du personnel nous affirment qu’avec le faible stock restant, ils risquent de ne plus rien avoir lorsque de la vague de cas positifs viendra. La direction ne semble pas en mesure d’apporter les mesures nécessaires contre la propagation du virus.

Des soignants à qui l’on ne prodigue pas de test malgré le contact avec des patients positifs au covid-19…

En effet, des soignants alertent sur la négligence de leur direction, qui peine à leur transmettre les protections adéquates, mettant ainsi en danger leurs patients. S’il s’avérait que certains des soignants sont infectés et continuent à pratiquer des soins sans protections, c’est un drame sanitaire d’ampleur qui se profilerait.

Cet état de fait semble être généralisé à l’ensemble du territoire et des établissements de santé. Emmanuel Macron en est le premier responsable avec sa politique de destruction de la fonction publique . Alors qu’en 2018 le président clamait qu’ « il n’y a pas d’argent magique » face à une hospitalière. Aujourd’hui lors de grandes tirades télévisuelles, il ose annoncer que la santé est une priorité, « La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. » Une déclaration qui frôle l’insulte pour les urgentistes qui se faisaient gazer par la police lors des manifestations où ils dénonçaient la casse de l’hôpital perpétrée par le gouvernement Macron. L’argent magique n’existe pas, mais de l’argent il y en a. Et nous devons exiger dans ce sens et pour répondre à la crise la réquisition de ces cliniques et de toutes les institutions de santé privées, mais également la construction de nouveaux hôpitaux et/ou adaptation de bâtiments comme hôtels ou autres à des fins médicales, avec une embauche massive de personnels hospitaliers et revalorisation de leurs salaires. Tout cela représente à l’évidence un plan d’investissement massif dans notre système de santé, qui devrait être financé par la réintroduction d’un impôt sur les grandes fortunes.Dès lors la santé deviendrait une réelle priorité.

Crédit photo : Sud-Ouest




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