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Un nouveau militant écologiste assassiné au Brésil

Vendredi dernier, un militant écologiste, défenseur de la forêt amazonienne : Paulo Paulino a été assassiné par des trafiquants du bois, dans l’Etat du Maranhão au Brésil. Une nouvelle attaque contre ceux qui tentent de se battre contre les crimes capitalistes perpétrés sur la nature.

mercredi 6 novembre

Crédit photo : REUTERS/Ueslei Marcelino

Un militant indigène tué par des trafiquants du bois

Ce vendredi, un jeune militant écologiste brésilien, membre de la tribu des Guajajara, Paulo Paulino est mort, tué par des trafiquants du bois dans l’Etat du Maranhão. Selon le secrétariat aux droits de l’homme du gouvernement du Maranhão, lui et un autre membre de sa tribu « s’étaient éloignés du village pour aller chercher de l’eau » lorsqu’ils ont été pris en embuscade par cinq hommes armés. Paulo Paulino et son compagnon de route, Laércio, qui a lui été blessé, faisaient parti des « Gardiens de la forêt », un groupe formé par les Guajajara pour protéger la forêt amazonienne des pillages et incendies provoqués par l’exploitation illégale du bois . Cette organisation s’occupe de défendre un territoire de 413 000 hectares, occupé par près de 6000 indiens Guajajara.

Interrogé au début de l’année il racontait « J’ai peur parfois. Mais nous ne devons pas nous laisser dominer par la peur. Nous devons relever la tête et agir, c’est ce à quoi nous croyons et ce pourquoi nous sommes ici pour nous battre. », expliquant vouloir protéger « la vie des insectes, des animaux, des oiseaux » et être un « gardien de sa terre ». Pourtant menacés de mort, les gardiens de la terre ont continué à se mobiliser, à alerter les pompiers des incendies, à transmettre les données géographiques des lieux où des trafiquants commençaient à découper du bois. Ils avaient pourtant alerté les autorités et demandé à être protégés, conscients que les entreprises du bois engageaient des tueurs à gage contre eux. De fait, cinq gardiens ont déjà été tués.

Les intérêts capitalistes sont incompatibles avec la défense de l’écologie

Comme expliquait Laèrcio, l’autre militant attaqué, ces attaques sont avant tout perpétrées pour pouvoir « trafiquer avec la terre » des indigènes, pour l’utiliser pour étendre les plantations de soja et de canne à sucre et produire des biocombustibles mais aussi pour « extraire le pétrole et l’or qui s’y trouvent ». Derrière cela, des intérêts économiques des capitalistes brésiliens et internationaux. Cet été déjà, les incendies gigantesques en Amazonie et les velléités d’ingérence de la part des puissances impérialistes permettaient de révéler les intérêts des capitalistes autour de cette forêt. Et même si Macron a tenté de se positionner comme le sauveur de la forêt, nous ne sommes pas dupes, il y avait surtout derrière cela un coup politique, quand des milliers de jeunes manifestaient pour le climat dans toute l’Europe.

Partout dans le monde des militants sont assassinés pour avoir défié les intérêts capitalistes en tentant de préserver le vivant. L’ONG Global Witness révélait ainsi que 164 militants écologistes avaient été tués en 2018 et que les premières victimes sont les Amérindiens. Dans le Para, région brésilienne, huit militants ont ainsi été tués alors qu’ils luttaient pour contre l’industrie du soja. Dans les Philippines, trente personnes ont été tuées en 2018. On se souvient également du meurtre de Berta Caceres, militante du Honduras, qui se battait contre la construction d’un barrage hydroélectrique ou cet été de Emyra Waiapi, militant indigène brésilien. Et si la plupart de ces cas ont lieu dans des pays semi-coloniaux, il ne faut pas oublier qu’ils satisfont aussi les intérêts impérialistes.

Aujourd’hui, nous répondons à la demande des « Gardiens de la forêt » de trouver les coupables et répondons au ministre de la justice brésilienne, le juge Moro que nous ne le croyons pas lorsqu’il dit vouloir condamner les coupables alors que son gouvernement, en complicité avec les pilleurs capitalistes locaux et les entreprises impérialistes, organise la destruction de la forêt et donc de ses défenseurs. Face à cela, seule la lutte pourra nous permettre de résister et de gagner contre un système incapable de préserver l’environnement et qui met chaque jour plus en danger la nature et la biodiversité. Nous continuerons le combat de Paulo Paulino et des autres militants tués pour refuser aux capitalistes le droit de détruire notre futur et de piller nos richesses !

Paulo Paulino Présent !




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