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Politique

Un groupe perd un million de membres

Un nouvel algorithme Facebook qui réduit la taille des groupes de Gilets jaunes

Alors que depuis novembre les Gilets jaunes se servent des réseaux sociaux comme outil de coordination de lutte et de visibilité face au boycott affiché des médias traditionnels, Facebook a depuis quelques jours mis en place un nouvel algorithme qui a pour effet de diminuer la taille et l’influence des groupes Facebook de Gilets jaunes.

jeudi 24 janvier

Crédit photo : David Pauwels pour "Le Monde"

Depuis l’émergence du mouvement des Gilets jaunes initié par une pétition en ligne contre la hausse du prix du carburant, le rôle des réseaux sociaux et notamment de Facebook a été central dans l’organisation de la contestation. D’une part, les Gilets jaunes se sont saisis, à travers les « groupes Facebook », du réseau social comme un outil d’organisation et de coordination. Une façon, par exemple, de faciliter les rencontres sur les ronds-points, l’organisation d’actions, ou encore des covoiturages pour manifester lors des différents actes à Paris. De plus, c’est une véritable bataille contre la désinformation et le boycott des grands médias qui s’est ouverte, et les réseaux sociaux ont été un outil essentiel pour rendre visible la lutte, et notamment pour diffuser les images de violences policières.

Mais voilà, à la veille de l’acte X, les modalités de comptabilisation des groupes Facebook ont été modifiées, et ce sont des centaines de milliers de Gilets jaunes qui ont été supprimés des différents groupes. A titre d’exemple, « La France en colère », un des groupes phares de la mobilisation, a perdu 50 000 membres en quelques heures tandis que « Le compteur officiel des gilets jaunes » en a lui perdu près d’un million. En cause, la nouvelle politique de comptabilisation du réseau social, qui a retiré tous les membres « non-actifs » des groupes, soit tous les membres qui n’ont jamais interagi dans le groupe et qui avaient été ajoutés par un « ami ». Désormais, les utilisateurs ne pourront plus directement « ajouter » au groupe un de leurs amis, celui-ci devra formellement « accepter » l’invitation, qui sera caduque au bout de 28 jours.
Plus largement et au-delà de ces nouvelles méthodes de comptabilisation, ce sont des centaines de cas de censure, à l’image des comptes bloqués, posts et commentaires Facebook supprimés qui ont été recensés depuis le début du mouvement. La page militante Rouen dans la rue a par exemple été supprimée par Facebook. Dans un communiqué, les militants s’interrogent : « Quelques heures après un post sur la venue de Macron à Bourgtheroulde, notre page facebook a été supprimée. […] Sans céder au complotisme, avouons que la coïncidence interpelle… ». La République En Marche a même ordonné la fermeture du groupe de Gilets jaunes intitulé « colère 72 », à cause des insultes publiées à l’encontre de Marlène Schiappa.

Impossible donc de savoir réellement si ce nouvel algorithme de Facebook qui minimise l’influence et la visibilité des Gilets jaunes est une réelle coïncidence, comme l’affirme le groupe, ou si elle a un lien avec le mouvement. Mais ce qui est certain, c’est que face à ce mouvement qui, au grand désespoir du gouvernement, ne faiblit pas, les tentatives de censure notamment des images de violences policières et d’empêcher l’organisation se font de plus en plus ressentir sur les réseaux sociaux. 




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