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Notre classe

Mort au travail

Un ouvrier meurt au travail après 14 heures sans arrêt, l’entreprise reconnue coupable

Il y a 6 ans, Christian, salarié d’une entreprise de balayage, est décédé lors d’un accident de travail après avoir travaillé 14 heures d’affilés. Jeudi dernier l’entreprise a été reconnue coupable d’homicide involontaire. Un évènement qui nous rappelle que le capitalisme tue, et qu’il faut en finir avec celui-ci.

mercredi 26 octobre

Photo : DR

Le jeudi 7 juillet 2016, Christian, employé de l’entreprise France Balayage, décédait au volant de sa balayeuse dans un accident de la route. Christian travaillait plus de 70 heures par semaine et avait conduit près de 14h consécutives son véhicule de travail le jour de son accident.

Il avait d’abord travaillé jusqu’à 6 heures du matin à l’aéroport de Beauvais, puis avait entamé un trajet qui devait le mener à 9h sur un chantier dans la Somme. C’est au cours de cette étape qu’il perdit le contrôle de sa balayeuse. Quelques heures plus tôt, il affirmait à son épouse au téléphone : « Ils veulent ma mort ».

La société et ses deux dirigeants viennent donc d’être condamnés par le tribunal correctionnel de Beauvais à respectivement 8 et 24 mois de prison avec sursis, pour homicide involontaire par la violation délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail. Cependant, l’affaire n’est pas terminée : l’indemnisation des ayants droits de la famille sera établie en février prochain, où l’avocat de la famille de la victime tentera de faire reconnaître le drame comme « faute inexcusable de l’employeur ».

Le décès tragique de Christian met en lumière les conditions de travail déplorables dans lesquelles se retrouvent de nombreux salariés ainsi que les méthodes patronales mises en œuvre dans le but de réaliser le plus de profit possible, au détriment de la santé voire de la vie des travailleurs.

De plus, ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé, mais s’inscrit au contraire dans une longue série d’accidents et de morts au travail. En effet, depuis le début de l’année près de 285 personnes sont mortes au travail en France. Et si les accidents sont parmi la première cause de décès liée au travail, le harcèlement patronal et policier en sont aussi une cause comme l’illustre tragiquement Mathieu Poli, ex-gréviste de RTE qui a mis fin à ses jours il y a moins de deux semaines suite à la répression syndicale et policière qu’il avait subi pour des faits de grève.

Ces situations ne sont pas de simples faits divers, mais mettent au contraire au centre la question du système capitaliste. Un système où les travailleurs doivent parfois travailler sous des cadences infernales et des conditions inhumaines. Un système où ceux qui relèvent la tête en faisant grève sont réprimés et poussés au suicide. Un système qui broie les corps et détruit les vies. Ces évènements amènent une nouvelle fois la nécessité d’en finir avec un système capitaliste qui tue et se nourrit de l’exploitation.



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