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Politique

Mesure liberticide

Un « pass sanitaire » liberticide pour pallier la vaccination insuffisante ?

Macron a annoncé réfléchir à la mise en place d'un « pass sanitaire » conditionnant l'accès aux restaurants et lieux culturels. Derrière cette volonté d'ouverture et de sortie de crise se cache le problème d'un flicage généralisé.

lundi 1er mars

Crédits photo : Thomas Coex / AFP

Le « pass sanitaire » évoqué par Macon jeudi dernier lors d’une allocution au Conseil européen « va poser beaucoup de questions techniques, de respect des données individuelles, d’organisation de nos libertés », comme il le reconnaît lui-même. En effet, le gouvernement, ayant joué le tout pour le tout en refusant de prendre les mesures nécessaires pour faire face à la crise sanitaire, se retrouve acculé devant la nécessité de ré-ouvrir les restaurants et les lieux culturels au moment où les beaux jours commencent à revenir. Dès lors, conformément à la logique répressive habituelle au gouvernement, l’idée d’un « pass sanitaire » qui conditionnerait l’accès à certains lieux est elle présentée comme le nouveau sésame.

Il s’agirait donc « d’avoir un outil numérique qui facilite le quotidien des Français, avec un QR code à l’entrée de certains lieux pour remonter plus facilement les chaînes de contamination. Ce pass permettrait aussi de présenter plus facilement un test négatif récent » selon l’entourage du premier ministre. Mais, en l’absence de couverture vaccinale massive et en l’absence de campagne de test systématique, cela revient ni plus ni moins à brimer la liberté de déplacement. L’accès aux restaurants et aux lieux culturels seraient ainsi soumis à la présentation d’un test négatif qui « facilitera la responsabilité individuelle » comme le souligne Marie-Christine Verdier-Jouclas, porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Une façon comme une autre pour l’État de se laver les mains de sa gestion catastrophique de la crise sanitaire.

La mise en place de ce pass sanitaire souhaité par le gouvernement reviendrait, en outre, à exercer un contrôle sur la population qui n’a encore jamais été mis en place et qui va, une fois de plus, porter atteinte aux libertés individuelles.

Sous pression de l’UE, qui souhaiterait mettre en place un « passeport vaccinal » pour les déplacements entre pays membres, Macron cherche à temporiser en privilégiant une solution qui mettrait moins en évidence l’échec de sa politique de vaccination, qui n’atteindra jamais l’ensemble de la population d’ici à l’été comme essaye de le faire croire le gouvernement. Là encore, le retard accumulé dans la production de doses de vaccin et dans la campagne de vaccination s’avère criant. Quoi qu’il en soit, le gouvernement montre encore une fois son incurie dans la gestion de la crise et, plutôt que de mettre en œuvre des moyens ambitieux pour favoriser une sortie rapide de la crise, préfère user de la carté répressive et sécuritaire contre les libertés publiques.




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