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Covid-19

« Un patient toutes les dix minutes en réa » : vers une aggravation de la 5ème vague

Cette semaine, et selon les modélisations, la cinquième vague de l’épidémie de coronavirus, et sa souche Delta semblent avoir fait un saut. Tandis que les hospitalisations pourraient dépasser le seuil de 3000 patients à la mi-décembre, bien au-delà de la 4ème vague, le gouvernement dépassé par la situation se retrouve une nouvelle fois au pied du mur.

vendredi 3 décembre 2021

Crédits photo : AFP

Ce jeudi, plus de 48 000 cas de coronavirus ont été enregistrés. Une nouvelle hausse importante, dans la continuité de la progression continue de la cinquième vague depuis plusieurs semaines. Une situation alarmante qui a contraint Emmanuel Macron à convoquer un conseil de défense dès lundi. Celui-ci pourrait annoncer de nouvelles restrictions.

Comme le note RTL « Pour le gouvernement, il y a urgence : si la situation n’évolue pas, l’épidémie va continuer de flamber avec un pic que l’on pourrait atteindre seulement à la fin du mois de janvier. Dès la mi-décembre, 3.000 patients covid pourraient se trouver en réanimation, bien au-delà des chiffres de la 4ème vague. ».

Autre indicateur de la dynamique inquiétante de la circulation exponentielle du virus, Olivier Véran, a ce vendredi annoncé sur France Info :« En France, actuellement, c’est un patient qui est admis en réanimation toutes les dix minutes, jour et nuit. ». Sur la forme, le ministre de la santé, explique encore espérer pouvoir mettre un coup d’arrêt à l’épidémie :« Nous avons encore notre destin entre nos mains. Il nous appartient à nous de changer nos comportements », mais le changement de ton est significatif. C’est qu’après avoir pratiqué plusieurs semaines la politique de l’autruche face à la cinquième vague, refusant de mettre en place des mesures conséquentes, tout en maintenant sa constance autoritaire, le gouvernement se retrouve dans une situation particulièrement délicate, et nous avec lui.

Hausse du nombre de cas et hôpitaux en tension

Le gouvernement l’a suffisamment répété depuis le début de la pandémie, l’arbitre de sa stratégie sanitaire, c’est la tension hospitalière. Depuis le tout début, la « non-stratégie » du gouvernement consiste de fait en un « stop and go » reposant à alterner le maintien de l’activité économique et son arrêt lorsqu’on arrive à saturation dans les services de réanimation.

Or selon Libération « Les modélisations de l’Institut Pasteur estiment qu’au rythme actuel, nous atteindrons les 3 000 malades du Covid-19 en réanimation mi-décembre, contre près de 2 000 actuellement. Cette semaine, SPF note des hospitalisations en hausse de 35 %, des admissions en services de soins critiques de 37 % et des décès de 38 %. ». Des chiffres encore loin des pics des débuts de crise, mais bien supérieurs à ceux de la quatrième vague.

Déjà plusieurs hôpitaux, notamment dans le Grand-Est ont activé le plan-blanc, et déprogrammé par là des opérations. Plus alarmant encore, comme le note Libérationà nouveau :« l’hôpital n’est plus dans le même état qu’en mars 2020, quand la première vague avait frappé et que jusqu’à 7 000 patients avaient été admis en même temps en soins critiques. Depuis, les personnels de santé ont géré quatre vagues, sans le matériel adéquat parfois. Ils ont négocié un Ségur de la santé jugé insuffisant. Beaucoup ont quitté l’hôpital public, dégoûtés des conditions de travail qui y régnaient. Selon le Conseil scientifique, en octobre dernier, 20 % des lits étaient fermés faute de soignants. Les services pédiatriques ont été mis à genoux par le retour de la bronchiolite. Dans ces conditions, même une vague de Covid-19 amoindrie peut affaiblir les services. ».

Vers de nouvelles restrictions ?

Dès lors le gouvernement, à rebours de la stratégie jusqu’alors appliquée face à la cinquième vague, semble cette fois se réserver la possibilité de mettre en place de nouvelles mesures de restrictions. Selon RTL cela pourrait être la relance de la piste des vacances anticipées à Noël, comme c’est déjà le cas pour la Belgique. Plus probablement, le gouvernement pourrait décider de remettre en place des jauges et des capacités d’accueil dans certains lieux et notamment dans les bars et établissements recevant du public, contrairement à ce qu’affirmait Gabriel Attal encore la semaine dernière. Enfin, si elle avait jusqu’alors refusé d’encourager le retour au télétravail, sous la pression du Medef, la macronie réenvisagerait selon Capital de le favoriser à nouveau.

La situation est telle que le gouvernement, qui avait privilégié une ligne cherchant à mettre le paquet pour maintenir la reprise économique, pourrait être amené à effectuer un tournant brusque pour éviter une dynamique exponentielle, qui pourrait amener à une tension hospitalière très importante.

A nouveau face à l’urgence, une situation qui pourrait s’avérer critique et dont le gouvernement est premier responsable, il sera nécessaire d’opposer un plan, qui va à rebours de l’autoritarisme sanitaire macronien. Briser les chaines de contamination pour éviter que la dynamique épidémique exponentielle ne s’accélère est indispensable. Nous devons revendiquer la gratuité des tests. Ceux-ci n’auraient jamais dû être déremboursés. Alors que l’épidémie s’envole, le dépistage massif est un enjeu fondamental. Une revendication qui doit aller de pair avec un programme de prévention plus large, par l’investissement dans des dispositifs de purification d’air et d’aération à l’école et dans les lieux publics, mais également un investissement massif dans la santé, durement touchée par la crise et affaiblie par la « pénurie » de soignants que les conditions de travail dégradées alimente. Deux ans après le début de la pandémie, la stratégie pro-patronale et autoritaire du gouvernement nous met toujours en danger. Plus que jamais, il est temps de nous organiser pour imposer un autre programme sanitaire.



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