^

Politique

5 décembre

« On a 150 Milliards pour les retraites », le coup de gueule de Gilles Raveaud, économiste

Lundi dernier sur BFMTV, Gilles Raveaud, professeur d’économie à l’Université Paris 8, a remis les pendules à l’heure concernant le soit-disant déficit des retraites. Selon ses calculs, c’est 150 Milliard d’euros qu’il y aurait de disponible dans diverses cagnottes. Ce budget montre une situation des caisses des retraites loin d’être critique, à l'opposé du discours du gouvernement pour pousser sa réforme.

jeudi 28 novembre

Crédit Photo : capture d’écran BFM TV

Gilles Raveaud, maître de conférences à Paris 8, est intervenu lundi sur les plateaux de BFMTV où il a démonté l’un des principaux motifs de la réforme des retraites : le manque d’argent dans les caisses de retraites. Il base son analyse sur les différents « fonds de réserve » existants. Au total, il y aurait dans ces fonds 35 milliards pour la caisse de l’assurance maladie, auxquels il faut ajouter les fonds de réserve des caisses de retraite complémentaires, qui compteraient près de 116 milliards d’euros d’après l’estimation du président du conseil d’orientation des retraites. Au total c’est donc un pactole de 150 milliards d’euros qui formerait un matelas confortable pour la gestion des retraites.

 
Comme le souligne Gilles Raveaud, le principal problème des retraites est plutôt celui des faibles pensions, qui ne pourra qu’être accentué par la réforme du gouvernement, ainsi que l’écart important d’espérance de vie entre les ouvriers et les cadres. Gilles Raveaud prend en exemple son cas personnel, maître de conférences à Paris 8, et le compare à la situation d’un ouvrier. Selon l’INSEE en 2017 « il y a 13 ans d’écart d’espérance de vie entre un ouvrier qualifié et quelqu’un comme moi ».

C’est véritablement la marque des inégalités sociale en France. En clair, en augmentant l’âge du départ à la retraite comme veut le faire le gouvernement, on prive tout bonnement une partie de la population de retraite, on fait en sorte que les classes populaires « meurent au travail ».
 
Il faut ajouter à cela la dégradation générale des services publiques comme es EPHAD et les hôpitaux, qui laissent le pas à des organismes privés hors de prix. L’ensemble des réformes néolibérales à l’œuvre depuis des années a conduit à une situation déjà terrible pour nombre de retraités qui ne pourrait qu’empirer si la réforme de Delevoye venait à passer.

Pour garantir une retraite correcte à l’ensemble des travailleurs, « les milliards sont déjà là ». Raison de plus pour exiger le retrait pur et simple de la réforme des retraites, en se joignant à la grève du 5. Mais on peut même voir plus loin : en imposant un partage réel du temps de travail entre toutes et tous, il serait possible de ne plus perdre sa vie à la gagner en attendant une retraite bien trop faible pour vivre décemment.
 




Mots-clés

5 décembre   /    Réforme des retraites   /    Retraités   /    Paris 8   /    Politique