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Occupations, expulsions, violences : un rapport de l’ONU dénonce l’Etat d’Israël et ses méthodes coloniales

Après Human Rights Watch et Amnesty International, un nouveau rapport vient souligner la responsabilité de l’Etat Israélien dans les tensions avec le peuple palestinien. Un rapport de plus qui vient effriter l’image internationale de l’Etat d’Israël.

jeudi 9 juin

La commission d’enquête mandatée par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a publié un rapport ce mardi 7 juin rappelant la responsabilité centrale de l’État d’Israël dans le conflit « israélo-palestinien ». Dirigée par la sud-africaine et Haute Commissaire aux droits de l’homme Navanethem Pillay le rapport note que « le territoire sur lequel le Gouvernement de l’État de Palestine peut exercer son autorité en tant que débiteur d’obligations est occupé par Israël depuis 1967 ».

La commission a été mise en place à la suite de la guerre de onze jours de mai dernier qui avait abouti à l’occupation et au bombardement d’une partie de la bande de Gaza ainsi qu’à une importante révolte de la jeunesse de Sheikh Jarrah et de Jérusalem Est.

Formulé après un rapport déjà publié l’an dernier et fortement critiqué par Israël, allant jusqu’à interdire la venue sur son territoire des membres de la commission d’enquête, plusieurs entraves aux droits de l’homme sont clairement reconnues : l’occupation sans fin d’un territoire, le transfert de populations civiles, la discrimination et fragmentation géographique et sociale ou encore les expulsions et déplacements forcés. Un ensemble de critères largement dénoncés par l’ONU qui attendait des « évolutions » de la politique Israélienne depuis son rapport publié l’an dernier. Le rapport de la COI de l’ONU rappelle que l’État d’Israël est coupable d’occupation perpétuelle de territoires palestiniens et que les colons israéliens placés dans ces mêmes territoires sont accusés de violences vis-à-vis des Palestiniens établis historiquement dans ces régions. Enfin, le rapport rappelle l’attitude antidémocratique de l’autorité palestinienne encore aujourd’hui dirigée par Mahmoud Abbas et qui rejette, depuis maintenant plusieurs années, la perspective d’une élection nouvelle.

Si le rapport en soi est une avancée dans la dénonciation internationale de l’État d’Israël et la reconnaissance de sa responsabilité – contre le discours victimaire mené par l’élite israélienne et le gouvernement Bennett – il ne saurait cependant cacher la réalité de l’institution qu’est l’ONU. Non seulement parce que d’autres rapports ayant déjà été publiés avaient, comme en 2017 abouti à un large scandale allant jusqu’à la démission de Rima Khalaf, Secrétaire Générale-adjointe aux Nations Unies pour avoir accusé Israël de crime « d’apartheid ». Le rapport de l’ONU attaque l’État Israélien sur une préoccupation importante pour son gouvernement : le rayonnement international de l’État et la normalisation de ces relations, notamment avec l’Afrique et les autres États voisins à population majoritairement arabe et à l’opinion publique sensible à la cause palestinienne. Cependant, il exhorte avant tout l’État d’Israël à appliquer les résolutions déjà décidées par l’ONU, et notamment à respecter l’esprit de résolutions dont l’ONU elle-même a été l’instigatrice, comme la résolution 181 du 29 novembre 1947 visant à partager le territoire, tout comme ne reconnaît une occupation que depuis 1967.

Après les réactions d’Israël, dénonçant un rapport « biaisé et partiel au caractère antisémite », mais aussi des États-Unis, le document a été largement repris par la presse. Il en reste que ce rapport oublie plusieurs facteurs centraux : d’abord en oubliant la responsabilité de l’impérialisme, et plus particulièrement de celui des États-Unis dans l’impunité et la perpétuation des crimes de l’État d’Israël contre le peuple palestinien. Ensuite parce que pire que les solutions modérées que nous critiquions déjà à d’autres moments comme la solution à deux États, le rapport lui ne propose que le respect minimal des accords coloniaux décidés sous l’égide des États-Unis et de l’ONU.

Pour construire une véritable perspective anti-coloniale, aucune demi-mesure n’est possible. Il faut se battre pour la dissolution de l’État d’Israël et la mise en place d’un État Palestinien socialiste et révolutionnaire qui refuserait toute oppression religieuse ou raciale et où coexisteraient juifs et arabes. Pour une vie en paix entre ces peuples, il faut démanteler jusqu’aux ciments de l’État raciste, colonialiste et pro-impérialiste israélien en finissant avec l’impérialisme dans la région.



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