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Un réarmement, des contre-réformes et rien pour les salaires : Macron réaffirme son projet ce 14 juillet

« Revenir au sérieux budgétaire » : tel a été le mot d’ordre de Macron durant cette interview donnée à l’occasion du 14 juillet. Pendant une heure, le président a dessiné une rentrée sous le signe des attaques sociales. Du renforcement de l’assurance chômage à la réforme des retraites, la macronie semble décidée à débuter sa guerre contre les classes populaires.

jeudi 14 juillet

Crédit photo : Ludovic Marin / AFP

A l’occasion du 14 juillet, Macron a donné une interview dans les jardins de l’Elysée. L’entretien était dirigé par Anne-Claire Coudray et Caroline Roux et s’est évidemment imprégné de la tonalité militaire de la journée. Macron a ouvert l’échange en exprimant son «  immense fierté  » pour le défilé du jour et valorisant la «  première armée d’Europe  ». Il a ainsi réaffirmé la politique militaire française au sein de l’OTAN depuis le début de la guerre en Ukraine et revendiqué le déploiement des troupes françaises en Roumanie. Il a par la même occasion confirmé sa volonté d’augmenter les budgets des armées et de poursuivre le « tournant stratégique » de l’OTAN qui remet à l’ordre du jour militarisation et réarmement.

Mais le 14 juillet a surtout été un prétexte pour Macron pour donner une interview dans laquelle il a pu insister sur son projet d’attaques sociales. Il s’est dans ce sens appuyé sur la hausse du prix de l’énergie pour exiger des efforts dans le cadre de la guerre et il a appelé « à rentrer collectivement dans une logique de sobriété ». Une sobriété dont on sait qu’elle va concerner en premier lieu les classes populaires et les travailleurs, qui subissent déjà de plein fouet l’inflation, qu’elle sera synonyme de dégradations des conditions de vie et de renforcement de la précarité. Dans ce sens Macron a maintenu : «  On doit revenir au sérieux budgétaire. Nous allons tenir les déficits comme nous nous y sommes engagés au printemps dernier. »

Et pour mener à bien ce projet et envisager un remboursement de la dette d’ici à la fin du quinquennat, Macron entend faire passer un certain nombre d’attaques sociales. Il a notamment rappelé que la rentrée serait synonyme du retour de la réforme des retraites pour une entrée en vigueur l’été prochain, et a martelé : « Nous devons travailler plus et plus longtemps ».

Dans le même temps, le Président a assuré « qu’il faut aller plus loin sur l’assurance chômage ». Derrière un objectif du plein emploi dans les cinq prochaines années, il défend ainsi que les chômeurs doivent travailler coûte que coûte et prévoit d’indexer les indemnités à la conjoncture politique.

En effet, pour Macron, il suffit de « traverser la rue » pour « trouver du travail », et cela serait «  encore plus vrai  » aujourd’hui. Cette phrase cache un mépris sans cesse renouvelé mais elle vise surtout à mettre en garde ceux qui refusent des emplois précaires et mal payés par un durcissement des conditions d’accès au chômage.

Macron a donc choisi le 14 juillet pour remettre à l’ordre du jour l’offensive sociale qu’il promettait avant la campagne présidentielle, relativisant ou niant même la crise politique ouverte suite aux élections législatives. Interrogé sur l’échec du passage du projet de loi sanitaire, Macron a cherché à minimiser sa faiblesse, en assurant que ses prochaines réformes ne seraient pas sujettes à blocage, décrétant avec tranquillité : « on va pouvoir avancer. » Comme à son habitude, il a cherché à se placer au-dessus de la mêlée, se présentant en chef de guerre, et soutenant être le « président du chef des armées ».

Mais derrière ses tentatives d’apparaitre serein et maître de la situation, le chef de l’Etat est bien conscient que la crise politique qui le frappe de plein fouet pourrait s’aggraver en cas d’explosion sociale. En se voulant déterminé à avancer sur ses projets de réformes dès cet été, la macronie espère ainsi tranquilliser le patronat et contrecarrer la colère qui gronde dans le pays face à l’inflation et les bas salaires. Ainsi, pour faire redescendre Macron de son piédestal et se préparer à affronter les attaques qu’il promet dès la rentrée, il y a une urgence à préparer la riposte et à construire un plan de bataille pour imposer nos propres revendications.

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