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Politique

Violences policieres

Un syndicat de police moque les violences policières en publiant une vidéo sur la musique de Benny Hill

Dans une situation où Camélia Jordana met la question des violences policières au centre des débats, le syndicat de police Synergie-Officiers a publié une vidéo sur Twitter d’une interpellation violente avec la musique burlesque de Benny Hill. Une nouvelle expression du caractère normal voire banal de ces violences au sein de la police.

mercredi 27 mai

DR/Twitter

En début de semaine, le mardi 26 mai, le syndicat de police Synergie-Officiers a mis en ligne une vidéo sur Twitter où l’on peut voir une interpellation violente sur deux individus en scooter. Le conducteur, qui semblait visiblement vouloir réaliser un demi-tour rate sa manœuvre ce qui entraine sa chute, ainsi que celle du passager. Alors qu’ils ne représentaient aucune menace, les policiers se jettent sur ces derniers de façon violente et leurs assènent des coups de poing au visage.

Une vidéo d’autant plus choquante qu’elle a été montée sur la musique de Benny Hill, utilisée pour illustrer des vidéos comiques. Suite aux nombreuses critiques, la publication a été supprimée, bien qu’elle soit toujours accessible sur les réseaux sociaux.

A l’heure où le #MoiAussiJaiPeurDevantLaPolice lancé par Assa Traoré occupe le podium Twitter avec plus de 50 000 Tweets et où la chanteuse et comédienne Camélia Jordana dénonce les persécutions racistes et les violences policières dans les banlieues, cette vidéo montre le sentiment d’impunité qui règne dans la police, et le caractère totalement "banal" et "normal" des violences policières.

Le caractère "humoristique" du tweet du syndicat Synergie-Officiers concernant les « « artistes » du rodéo » résonne comme une provocation quand on sait ce que la police est capable de faire aux habitants des quartiers quand elle veut les interpeller sur leur scooter. Elle rappelle également le rapport très détendu de la police à ces violences, qui n’est pas sans rappeler les rires des policiers sur la vidéo de l’Ile-Saint-Denis, alors qu’ils violentaient un homme dans leur camion.

Aucune maladresse n’est donc à déplorer dans la publication de cette vidéo qui sort en pleine période de polémiques sur les violences d’Etat, et où la classe dominante cherche à faire fermer les yeux des travailleurs sur ces violences pour redorer le blason de l’institution. Elle est au contraire une expression claire et nette du rapport qu’entretient la police aux "violences policières" dont elle se rend coupable régulièrement.




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