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Politique

Aulnay-sous-Bois

Une femme noire jetée au sol et la tête écrasée par la sureté générale SNCF

Une vidéo, filmée à Aulnay-sous-Bois et diffusée sur les réseaux sociaux, montre des agents de la SUGE, police ferroviaire de la SNCF, faire une clé de jambe et mettre violemment au sol une femme noire. Une interpellation, qui fait écho à l’actualité des violences policières sur les personnes des quartiers populaires.

mardi 16 juin

Hier, nous publiions la vidéo d’un homme noir, violemment maîtrisé par les agents de Sureté RATP, « à 19 contre 1 ». Une nouvelle vidéo fait écho à cette première et montre cette fois une femme, à Aulnay-sous-Bois, violemment jetée au sol par des agents de la sureté générale de la SNCF, alors qu’elle cherchait à se défendre pendant qu’ils la poussaient. Un des agents l’attrape puis la met au sol, lui faisant une clé de jambe. L’agent en question semble ensuite lui écraser la tête avec sa jambe, pendant qu’un autre, assis sur ses jambes, la menotte. Ensuite, sa tête est même plaquée contre un panneau publicitaire.

A la fin de la vidéo, il semble qu’un autre homme est aussi pris à parti par ces agents, plaqué au mur. Selon l’auteur de la vidéo, ce serait son mari, qui avait voulu la défendre. Une autre vidéo montre que les agents ont même fini par gazer les passants venus s’interposer.

On entend la femme crier de douleur, pendant que les spectateurs de la scène tentent d’appeler les agents à s’arrêter. Pourtant, les agents continuent et emploient des techniques qui s’apparentent à celles connues pour avoir des incidences mortelles, notamment la possibilité de provoquer une asphyxie chez les victimes. Cela avait été notamment le cas pour Adama Traoré, symbole des mobilisations contre les violences policières en France, qui avait subi un plaquage ventral et ensuite avait été écrasé par le poids de trois policiers. Mais aussi de George Floyd, devenu symbole des mobilisations « Black Lives Matter », tué à cause de la pression exercée sur son cou par un policier. Des meurtres racistes, aujourd’hui écho des mobilisations de la jeunesse.

Ces dernières doivent permettre de reposer plus largement la question de la sécurité, notamment dans ces entreprises. Les agents de sécurité SNCF, relai de la politique autoritaire de déconfinement, fondée sur la répression des rassemblements ou de ceux qui ne respecteraient pas les règles sanitaires, prolongent le rôle joué par la police. Le gouvernement, qui a passé tout le début de l’épidémie à dévaloriser la nécessité du port du masque, pousse aujourd’hui à réprimer ceux qui n’en portent pas dans les transports, l’oublient ou n’ont pas les moyens de s’en payer.

On se souvient d’ailleurs des spéculations des patrons de la grande distribution au début du déconfinement. Ils devraient pourtant être gratuits et à la portée de tous, surtout alors qu’on a laissé les travailleurs des transports avec très peu de protection pendant la crise, on réprime aujourd’hui les populations précaires qui n’en portent pas.

Ces vidéos qui se multiplient doivent permettre de remettre au cœur de la discussion la question de la sécurité dans ces entreprises. Ces mêmes agents de la SUGE initient aussi des rapports contre les travailleurs de la RATP et de la SNCF et participent à réprimer les mouvements de grève et les contestations, aux côtés de la police. Au-delà de ça, elles posent la question de l’organisation même des transports dans la société, qui devraient être un service public, organisé par les agents et les usagers. Si les transports étaient gratuits ou par exemple les métros et trains désinfectés et des distributeurs de masques étaient mis en place, il n’y aurait pas besoin d’avoir des agents voués à seulement réprimer et faire appliquer par la force les politiques d’un gouvernement incapable d’être à la hauteur de la crise sanitaire.

Ceux qui sont réprimés aujourd’hui dans les transports, sont les mêmes qui ont été obligés de travailler dans des conditions sanitaires désastreuses pendant la crise sanitaire pour faire tourner le pays. Tout comme les agents des transports, obligés de continuer leur tâche essentielle.




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