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Ce n'est pas aux ouvriers de payer la crise !

Une grève prévue à Renault Flins ce mercredi contre les suppressions de postes

Renault a annoncé 4 600 suppressions de postes en France, menaçant de fermeture l'usine de Flins, ainsi que d'autres sites. Mais les salariés ne comptent pas rester sans réagir. Après plusieurs grèves dans l'entreprise et notamment à Flins la semaine dernière, une grève est appelée ce 17 juin.

mardi 16 juin

Crédit photo : Facebook Ali Kaya

Renault prévoit actuellement un plan d’économies de deux milliards d’euros sur trois ans, impliquant des fermetures de sites comme Choisy-le-Roi, et menaçant des sites comme Flins. En tout, ce serait 15 000 postes qui seraient supprimés dans le monde, dont 4 600 en France. Un scandale alors que Emmanuel Macron annonçait il y a quelques semaines un plan d’aide au secteur automobile de 8 milliards d’euros et que Renault, à lui seul, a déjà bénéficié de 5 milliards de prêt garanti par l’État.

La semaine dernière, une grève avait déjà eu lieu à Renault Flins. Le syndicat CGT, relayé par le blog NPA Auto-critique, expliquait le 12 juin : « Après l’équipe de nuit qui a massivement débrayé, le relais a été pris par l’équipe du matin. Nous étions une centaine à défiler dans les ateliers. Rendez-vous a été pris pour le début de semaine pour monter d’un cran la mobilisation contre les suppressions de poste et les fermetures d’usines chez Renault. La quasi-totalité de l’équipe de nuit a été en grève contre les suppressions d’emplois chez Renault. Les syndicats CGT Renault Lardy et Cléon ont apporté leur soutien. »

C’est dans ce même cadre que les différents syndicats du site de Flins appellent de nouveau à la grève ce mercredi 17 juin. Selon Mantes Actu, « Un mouvement de grève est prévu mercredi 17 juin entre 11 heures 30 et 15 heures sur le parking de l’usine Renault de Flins-sur-Seine. » Les salariés revendiquent le maintien de tous les emplois. Dans un tract, la CGT explique : « La priorité, s’il y a moins de travail, c’est le maintien de tous les emplois par le partage du travail entre tous avec maintien du salaire. »

Comme nous l’expliquait Ali Kaya, délégué CGT Renault Flins, dans une interview le 20 mai : « Cette histoire de 5 milliards montre à quel point c’est open bar pour les entreprises. Le gouvernement donne tout ce que veut Renault sans aucune contrepartie ! En 2008 c’était déjà la même chose, et Renault avait transformé ces aides en dividendes pour ses actionnaires, et ça risque à nouveau d’être le même scénario. Le fond du problème pour eux, c’est de savoir comment maintenir les profits malgré la crise. Donc c’est absolument choquant de voir des entreprises comme Renault qui ont fait, depuis la dernière crise de 2008, 25 milliards de bénéfices qui se sont évaporés… enfin pas pour tout le monde évidemment. (…) De toute façon, quelle que soit l’hypothèse vérifiée, on sait qu’ils chercheront à nous faire payer la crise, soit par des accords de compétitivité, soit par des fermetures, soit les deux. Dans tous les cas, il faudra s’organiser pour répondre. » Et les salariés de Renault, dans les différents sites, ont commencé à s’organiser et à lutter : que ce soit à la Fonderie de Bretagne, à Renault Cléon après la tentative de suicide d’un collègue ; ou à Flins.




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