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Jeunesse

Une jeunesse en marche forcée

Une loi pour rendre obligatoire le service national universel ?

En 2022, d'après les journalistes des Echos, le Service National Universel devrait devenir obligatoire pour les jeunes à partir de 15 ans. S'additionnant à l'école et autres institutions d’État visant à former la main d'oeuvre de demain, ce dispositif a pour but de former une jeunesse de plus en plus docile et corvéable à merci.

samedi 20 avril

L’offensive de Macron vis-à-vis de la jeunesse, avec le Service National Universel ou SNU, dont nous avons déjà eu les contours, se poursuit, ces derniers jours avec un uniforme qui assimile les jeunes à des flics. C’est sous la direction de Gabriel Attal, ancien PS recyclé en laquais du Ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, que se déroulera cette tentative de mise au pas d’une jeunesse qui a toujours fait peur au gouvernement.

Cette version réchauffée du service militaire sauce « intérêt général » devrait voir le jour en 2020 après une phase de test prévue en début d’été. Selon des sources du journal Les Echos, cette mesure pourrait rentrer dans la loi courant 2022, la rendant obligatoire pour des millions de jeunes. Ce qui était laissé à la gestion des professeurs dans les salles de classe sera encadré par des experts du formatage idéologique.

Au programme, une défense des valeurs républicaines à l’image de la cérémonie de commémoration de l’appel du 18 juin du Général De Gaulle et des services d’intérêts généraux fournis gratuitement. Une phase d’essai est prévue pour les quelques 200 jeunes participant aux divers camps-test qui auront lieu pour certains dans des casernes. De quoi donner un goût toujours plus putride à la jeunesse « start-up nation ».

Une volonté, une tentative de mettre au pas et formater idéologiquement la jeunesse. Dans un contexte de polarisation politique et d’approfondissement de la crise d’hégémonie des classes dominantes, la mobilisation des Gilets jaunes en étant la démonstration, cette entreprise visant à contrôler la jeunesse a encore plus d’importance et de sens.

Ce SNU n’est en effet ni plus ni moins qu’une énième attaque du gouvernement qui tente de faire rentrer dans les rangs un des secteurs de la société qui a le plus intérêt à se battre contre les réformes antisociales menées par le gouvernement, qui n’a rien à offrir à la jeunesse hormis précarité, misère et chômage. Un des secteurs qui a également joué un rôle de détonateur dans des périodes de lutte de classes intenses.

L’année dernière, nous commémorions mai 68, la plus grande grève générale de l’Histoire. Des milliers de jeunes qui, en alliance avec les travailleurs ont fait vaciller l’État. Et c’est précisément cette capacité qu’a la jeunesse, la capacité à entraîner avec elle dans une lutte pour un monde sans exploitation, débarrassé du capitalisme que Macron désire contrôler.

Nous devons défendre notre droit à l’enseignement critique sans être endoctriné par des tenants du récit national, des symboles patriotiques et des « bienfaits de la colonisation ». La jeunesse, qu’elle soit étudiante ou travailleuse, a davantage à proposer que servir docilement les intérêts du grand patronat.

Crédits photo : David Thierry




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